19 mai : Journée mondiale de lutte contre les hépatites

Publié le 19.05.2009 | par Patricia Fener

Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) font état de 500 millions de personnes infectées par les virus des hépatites virales chroniques B ou C dans le monde. L’objectif principal de cette Journée mondiale de lutte contre les hépatites est de sensibiliser le grand public à ces pathologies et de rappeler l’importance et la nécessité d’un engagement mondial pour en améliorer la prévention, le dépistage, les soins et la couverture vaccinale.

Cette Journée mondiale de lutte contre les hépatites est coordonnée au niveau européen par la World Hepatitis Alliance et au niveau national par SOS Hépatites avec le soutien de la Fédération nationale des pôles de référence et réseaux hépatites (FPRH).
La World Hepatitis Alliance est une organisation non-gouvernementale (ONG) récemment formée et qui regroupe plus de 200 associations de patients atteints par les virus des hépatites B et C. Le fonctionnement de cette ONG est assuré par un comité de délégués des groupes de patients en provenance de sept régions du monde : Europe, Méditerranée orientale, Afrique du nord, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Australasie et Pacifique occidental.

Selon la définition de l’OMS, l’hépatite est une inflammation du foie, le plus souvent provoquée par une infection virale. Il y a cinq virus principaux de l’hépatite, que l’on appelle A (VHA), B (VHB), C (VHC), D (VHD) et E (VHE).

Situation épidémiologique en France

Selon l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (anRS), en France métropolitaine 400 000 à 500 000 personnes seraient atteintes d’une hépatite chronique C, parmi lesquelles 30 000 seraient coinfectées par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ; environ 300 000 autres personnes présenteraient une infection chronique par le virus de l’hépatite B. Parmi les personnes infectées par VIH, 9% le seraient également par le VHB.

Environ 20% des patients présentant une hépatite chronique C et 5 à 10% de ceux qui ont une hépatite chronique B atteindront le stade de la cirrhose responsable de décompensations cliniques et de carcinomes hépato-cellulaires (CHC), puis de décès.

Les facteurs sociaux sont particulièrement importants puisque ces deux hépatites touchent davantage les personnes en situation de précarité. Ainsi, la prévalence de ces deux pathologies est 3 à 3,5 fois plus élevée chez les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU). Les personnes infectées par ces virus méconnaissent souvent leur statut ; seules 49% et 56% des personnes infectées respectivement par le virus de l’hépatite B et de l’hépatite C en ont connaissance.

L’infection par les virus des hépatites B et C représente un problème majeur de santé publique, notamment dans les pays en développement. L’OMS estime qu’environ 3% de la population mondiale est infectée par le virus de l’hépatite C, avec des prévalences atteignant 10 à 15% dans certains pays comme l’Egypte et le Cameroun.

Rappel sur les hépatites

Hépatite B

Situation en France
Le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) présente à partir des données de déclaration obligatoire des années 2004 à 2007, le nombre total d’infections incidentes annuelles incluant les formes asymptomatiques, ainsi que le nombre de cas passant à la chronicité.
Le total des infections symptomatiques et asymptomatiques dues au VHB a été estimé à 2 578 infections par an [IC 95 % : 2 320-2 845], soit une incidence de l’infection estimée à 4,1 cas pour 100 000 habitants [IC 95 % : 3,7-4,5]. Le nombre de cas passant à la chronicité a été estimé à 209 par an [IC 95 % : 188-231].
La France fait partie des pays de faibles prévalence et incidence de l’infection par le VHB. Ces résultats montrent cependant que cette infection y demeure un problème de santé publique, ce d’autant que les recommandations du calendrier vaccinal sont mal appliquées, entraînant une couverture vaccinale insuffisante.

Transmission
La transmission du virus de l’hépatite B est liée à sa présence dans la plupart des liquides biologiques des personnes infectées. Le virus se transmet essentiellement par les relations sexuelles non protégées, par contact direct ou indirect avec du sang infecté (piqûre, coupure, contact avec des objets ou matériels non décontaminés), de la mère à l’enfant et lors de contacts étroits avec une personne infectée.

Symptômes et évolution
Les manifestations cliniques sont très variables et peuvent passer inaperçues. Dans la forme classique, les signes précédant l’ictère sont les céphalées, l’asthénie, l’anorexie, la fièvre, plus rarement des arthralgies, des myalgies, des nausées, une gêne de l’hypocondre droit, un foie sensible à la palpation, une éruption cutanée.
Exceptionnellement peut se développer une hépatite fulminante. Les signes d’alarme à rechercher sont une encéphalopathie caractérisée par une inversion du rythme du sommeil, un astérixis et un syndrome confusionnel associés à une diminution du taux de prothrombine et du facteur V.

Que faire en cas de contamination récente par le sang d’un sujet porteur du virus B ?
Devant une contamination récente par du sang infecté par le virus B, il faut :
- faire une recherche de l’antigène HBs et d’anticorps anti-HBs si possible en urgence ;
- procéder sans délai à une vaccination contre l’hépatite B et à l’administration d’immunoglobulines anti-HBs.

Traitement
On dispose aujourd’hui de deux grands types de médicaments : _ l’interféron pégylé et des antiviraux. Même s’il est impossible de guérir d’une hépatite B, ces traitements permettent tout de même de stabiliser deux-tiers des patients en bloquant la réplication du virus. Le traitement doit être pris au long cours.
A titre préventif, il existe un vaccin contre le virus de l’hépatite B recommandé chez les nourrissons et inscrit dans le calendrier vaccinal ainsi que chez les personnes exposées au risque de contamination.

Hépatite C

Situation en France :
Lors du premier plan de lutte contre l’hépatite C, l’Institut de veille sanitaire a mis en place en 2000 une surveillance de l’hépatite C par un réseau national de laboratoires publics et privés (Rena-VHC) et par les pôles de référence. Selon le dernier BEH de l’InVS, entre 2000 et 2007, l’activité de dépistage du VHC a augmenté, tandis que l’indicateur de contrôle de positivité (ratio du nombre de contrôles positifs et du nombre de tests anti-VHC) a diminué (1,3 à 0,6 %). Les personnes confirmées anti-VHC positives par Rena-VHC sont plus souvent des hommes (60,7 %), plus jeunes en moyenne que les femmes (46 vs. 54 ans). Chez les 9 184 « dépistés récents » nouvellement pris en charge par les pôles de référence, l’hépatite C est majoritairement et de plus en plus souvent découverte à l’occasion d’un bilan de santé (46,2 % en 2001 et 56,8 % en 2007). Plus d’un patient sur 10 présente une maladie hépatique à un stade avancé en 2007.

Transmission
Elle se fait par le sang ou par le partage de matériel contaminé. En France, depuis les dispositions sanitaires prises en 1992, tout risque de transmission de ce virus par transfusion sanguine (ou dérivés de produits sanguins) est pratiquement éliminé. Par contre, des hépatites peuvent encore se déclarer aujourd’hui chez des personnes transfusées avant cette date.
Actuellement, la transmission du VHC s’effectue principalement parmi les utilisateurs de drogues injectables, ou à sniffer (par du matériel contaminé). Les transmissions virales par voie sexuelle (avec des pratiques traumatiques) sont possibles mais rares, tout comme lors d’une grossesse d’une mère infectée à l’enfant. Il y a aussi un risque de contamination en utilisant des objets contaminés (rasoir, brosse à dents…).

Symptômes et évolution
Dans la grande majorité des cas, les personnes infectées sont asymptomatiques. Parfois, elles souffrent d’une fatigue, d’un ictère, d’une perte d’appétit…
Dans 30 à 40 % l’évolution se fait vers une guérison spontanée. Pour 60 à 70 % des personnes contaminées par le VHC une hépatite chronique se développe avec le risque pour 20 à 30 % d’entre elles d’évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.

Que faire en cas de contamination récente par du sang d’un sujet porteur du virus C ?
Il faut vérifier la sérologie VHC chez le sujet contaminant et le contaminé. En cas de positivité du contaminant, une surveillance biologique devra être instaurée par le médecin traitant.

Traitement
Il repose aujourd’hui sur l’association de deux médicaments. Durant six mois à un an (voire un peu plus) : interféron pégylé, une injection souscutanée par semaine, associé à de la ribavirine sous forme de comprimés en prise quotidienne.

A écouter le 19 mai :
- France inter Emission "le téléphone sonne" le Mardi 19 mai à 19h20,
Questions sur le dépistage, la prévention et les traitements des hépatites..
Invités : - Professeur Jean-Michel Pavlotsky - Docteur Xavier Aknine - Pierre Chappard, (ASUD) - avec Hélène Cardin, de France Inter
- Hépatites Info Service diffuse une émission réalisée par Seprem Productions, Hépatite B : ce qu’il faut savoir

Source :
- ANRS
- InVS (BEH du 19/05/09)
- OMS
- Sante gouv

Pour en savoir plus :
- FPRH
- soshepatites
- World Hepatitis Alliance

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