Actualisation des données épidémiologiques de l’Institut de Veille sanitaire concernant l’activité de dépistage de l’hépatite C en France

Publié le 29.09.2009 | par Patricia Fener

L’Institut de veille sanitaire (InVS) vient de publier un nouveau bilan de l’activité de dépistage de l’hépatite C en France qui a pu être réalisé grâce aux données fournies par le réseau de laboratoires Rena-VHC/B qui a participé à la surveillance sur la période 2000-2007.

Le réseau de laboratoires Rena-VHC/B

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CHU Rouen

Dans le contexte du premier plan de lutte contre l’hépatite C, l’Institut de veille sanitaire a mis en place en 2000 une surveillance de l’hépatite C par un réseau national de laboratoires d’analyses de biologie médicale (LABM) hospitaliers et privés, répartis dans toute la France, Rena-VHC.

Trois cent cinquante-sept laboratoires ont été contactés pour participer à Rena-VHC/B. Deux cent quatre-vingt-un ont accepté de participer et 261 (93 %) ont fourni au moins un questionnaire trimestriel sur la période 2000-2007. Cent quarante-trois, soit 55%, ont participé en continu à la surveillance depuis 2000. Ils sont répartis en 67 laboratoires privés (47 %) et 76 laboratoires publics (53 %). En 2007, ces 143 laboratoires représentent 3,6% de l’ensemble des LABM du territoire (Dom-Tom inclus) effectuant ou transmettant des sérologies anti-VHC.

L’objectif de cette surveillance est d’étudier en France les tendances de l’activité de dépistage des anticorps anti-VHC (Ac anti-VHC) et de l’antigène HBs (AgHBs) et de suivre l’évolution des caractéristiques des personnes confirmées positives pour le VHC et/ou l’AgHBs.

Sont inclus tous les prélèvements effectués par le laboratoire ou l’établissement de soins auquel il est rattaché ou par un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) pour recherche des marqueurs de l’infection à VHC ou recherche de l’AgHBs. Sont exclus tous les prélèvements transmis par un autre laboratoire ou les prélèvements effectués chez des enfants de moins de 1 an.

L’hépatite C

L’hépatite C est une maladie relativement fréquente, puisqu’on estime que 3 % de la population mondiale a une infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) et que le VHC est responsable d’environ 20 % des cas d’hépatites aiguës et de 70 % des cas d’hépatites chroniques.

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- Wikimedia commons - Carcinome hépatocellulaire

L’hépatite aiguë C est habituellement asymptomatique, ce qui explique que le diagnostic soit rarement fait au stade aigu de la maladie.

L’évolution silencieuse de la maladie et la fréquence élevée de passage à la chronicité expliquent l’existence d’un grand réservoir de sujets infectés. Ainsi, bien que le VHC ne soit pas très contagieux, il est transmis largement, essentiellement par voie parentérale.

L’hépatite chronique est également généralement asymptomatique et son diagnostic est fortuit dans la plupart des cas, parfois à un stade tardif de la maladie. La sévérité de la maladie hépatique liée au VHC est très variable mais peut, dans certains cas, être responsable d’une cirrhose puis d’un carcinome hépatocellulaire, dans un délai qui varie de quelques années à plusieurs décennies. Cette évolution retardée de la maladie ainsi que la disponibilité de mesures de lutte et de traitements plus efficaces justifient une prise en charge médicale aussi précoce que possible.

Indication du test de dépistage de l’hépatite C

- Toute personne qui a reçu ou eu avant 1992 :

  • une intervention chirurgicale lourde ;
  • un séjour en réanimation ;
  • un accouchement difficile ;
  • une hémorragie digestive ;
  • des soins à la naissance en néonatalogie ou en pédiatrie ;
  • une greffe de tissus, cellules ou organes ;
  • une transfusion.

- Les patients hémodialysés.

- Toute personne ayant utilisé une fois dans sa vie, même s’il y a longtemps, une drogue par voie intraveineuse ou pernasale.

- Les enfants nés de mères séropositives pour le VHC.

- Les partenaires sexuels et les membres de l’entourage familial des personnes atteintes d’hépatite C.

- Les personnes incarcérées ou ayant été incarcérées (partage d’objets coupants, pratiques addictives).

- Les sujets ayant eu un tatouage, piercing, de la mésothérapie ou de l’acupuncture, sans utilisation de matériel à usage unique ou personnel.

- Les personnes ayant reçu des soins dans des pays à forte prévalence du VHC (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud).

- Enfin, le médecin proposera un test de dépistage aux patients :

  • présentant une élévation même minime (supérieure à la valeur normale en fonction du sexe) du dosage des transaminases ALAT/SGPT (enzymes hépatiques) ;
  • séropositifs pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou porteurs du virus de l’hépatite B (VHB) ;
  • se plaignant d’une asthénie importante, prolongée et inexpliquée ;
  • ayant un antécédent d’ictère non expliqué.

Données épidémiologiques 2000-2007

Baisse de l’indicateur global de positivité [1]
Entre 2000 et 2005, le nombre de sérologies anti-VHC [2] réalisées dans les laboratoires appartenant au réseau Rena-VHC/B a augmenté de 45 %, alors que le nombre de sérologies positives a diminué (-9 %), conduisant à une baisse de l’indicateur global de positivité.

Depuis 2005, les nombres de sérologies anti-VHC et de sérologies positives ont diminué respectivement de -15 % et -21 %, entraînant une poursuite de la diminution de l’indicateur global de positivité.

Cette baisse de l’indicateur global de positivité au cours de la période 2000-2007 (de 4,3 % à 2,5 %) est observée quels que soient le sexe, le type de laboratoire (public ou privé) et l’interrégion. Elle suggère une évolution vers un dépistage moins ciblé.

Baisse de l’Indicateur de contrôle de positivité [3]

L’activité de contrôle de dépistage [4] a connu une évolution parallèle à celle du nombre de sérologies anti-VHC positives entre 2000 et 2007 (-16 %).

Au cours de cette période, le nombre de tests positifs de contrôle de dépistage a diminué (-24 % entre 2000 et 2005 ; -22 % entre 2005 et 2007), conduisant à une baisse de l’Indicateur de contrôle de positivité (de 1,3 % à 0,6 %). Cette évolution est observée quels que soient le sexe, le type de laboratoire et l’inter-région.

Plus de 20 000 personnes ont été diagnostiquées pour le VHC par les 143 laboratoires ayant fourni en continu des données sur l’activité de contrôle de dépistage entre 2000 et 2007 (sous l’hypothèse qu’une personne diagnostiquée VHC positive dans un laboratoire participant ne se fasse pas dépister pour le VHC dans un autre laboratoire participant).

Parmi elles, 61 % sont des hommes. Les deux classes d’âge majoritaires sont les 30-39 ans et les 40-49 ans, représentant 57 % des hommes diagnostiqués positifs.
Chez les femmes, la distribution des âges est moins nette : les classes d’âges les plus représentées étant les 30-39 ans (19 %), les 40-49 ans (18 %) et les 70-79 ans (16 %).

Entre 20 et 49 ans, on observe que la proportion d’hommes diagnostiqués VHC positif est plus élevée que celle des femmes (67 % contre 44 %), alors qu’à partir de 50 ans, ce sont les femmes diagnostiquées positives qui prédominent par rapport aux hommes (54 % contre 32 %).

Source :
- InVS

Conférence à venir sur l’hépatite C :
- ANRS : NICE, du 3 au 7 octobre, Nice Acropolis accueille les plus grands spécialistes mondiaux du virus de l’hépatite C, avec le soutien de l’Association européenne pour l’étude du foie (EASL) et de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS). A cette occasion, l’ANRS et SOS hépatites Paca organisent une conférence-débat grand public le 3 octobre, à Nice Acropolis, de 10h à 11h30. L’entrée est libre et gratuite.

Pour en savoir plus sur l’hépatite C :
- sante.gouv

Plaquettes d’information :
A l’usage des patients
- Hépatite C "Du dépistage au traitement"
- Hépatite C "Se faire dépister c’est pouvoir se soigner"
- Hépatite C et usage de drogues

A l’usage des bijoutiers, tatoueurs, esthéticiennes
- "Risques d’infections" à l’attention des tatoueurs et pierceurs

A l’usage des médecins
- Hépatite C "Dépistage, clinique, prise en charge et conseils aux patients"
- Hépatite C "Dépistage, mémo à l’usage des professionnels"


[1] L’indicateur global de positivité correspond à la proportion de tests sérologiques positifs parmi l’ensemble des sérologies anti-VHC réalisées.

[2] La recherche des anticorps anti-VHC (technique ELISA) sur un prélèvement sanguin est le test de dépistage que l’on effectue chez une personne se présentant au laboratoire pour la première fois.

[3] L’indicateur de contrôle de positivité est le rapport du nombre de tests de contrôle positifs sur l’activité globale.

[4] L’activité de contrôle est le nombre de tests de contrôle, toutes techniques confondues (ELISA, Immunoblot, ou PCR), effectués sur une période donnée (mois, trimestre ou année).

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