Adhésion au traitement antirétroviral des adolescents infectés par le VIH depuis la petite enfance

Publié le 08.04.2013 | par Patricia Fener

Des médecins du Centre pédiatrique de référence sida, de l’Université libre de Bruxelles (Belgique) ont évalué la qualité de l’adhésion au traitement antirétroviral d’adolescents infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) depuis l’enfance. Une évaluation par la méthode de l’auto-questionnaire a permis de montrer que l’adhésion est associée au contrôle de la virémie mais son interprétation et l’utilisation de seuils doivent tenir compte des caractéristiques des traitements pris ainsi que de l’historique thérapeutique du patient. L’oubli était la raison la plus fréquente de non-prise du traitement.

Méthodologie
Un entretien a permis le recueil des données socio-démographiques et 2 questionnaires évaluant l’adhésion ont été complétés par la lecture du dossier médical et la collecte des taux de CD4 et de la charge virale les plus récents.

Résultats
Trente-deux adolescents infectés par le VIH ont été inclus dans l’étude.
Seulement 15/32 (47 %) faisaient état d’une adhésion supérieure à 95 % durant la semaine précédant l’interview, alors que 26/32 (81 %) avaient une charge virale inférieure à 50 copies/mL. Les adolescents dont la charge virale était inférieure à 50 copies/mL avaient un taux d’adhésion médian supérieur aux autres (100 versus 83,5 %, p = 0,01).
Une adhésion inférieure à 95 % était reconnue par 5/6 adolescents ayant un échappement virologique, mais également par 12/26 adolescents dont la charge virale était inférieure à 50 copies/mL.

L’oubli était le première motif de non-prise du traitement.
La crainte d’être vu lors de la prise du traitement différenciait les adolescents adhérents à plus de 95 % des autres (79 versus 33 % ; p = 0,01).

Conclusion
La qualité de l’adhésion évaluée par la méthode de l’autoquestionnaire est associée au contrôle de la virémie mais son interprétation et l’utilisation de seuils doivent tenir compte des caractéristiques des traitements pris ainsi que de l’historique thérapeutique du patient. Les raisons évoquées de non-prise du traitement dépendent des particularités du processus adolescent et des représentations qu’a l’adolescent de sa maladie.


Source

1. Vanthournout B, Van Der Kelen E, Elate D, et al. Évaluation clinique de l’adhésion au traitement antirétroviral chez des adolescents infectés par le VIH depuis la petite enfance. Archives de Pédiatrie. 2013 ;20(4):348‑355.

Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu