Avis du CNS suivi de recommandations sur la politique de lutte contre l’épidémie d’infection à VIH en Guyane

http://www.cns.sante.fr/htm/actualite/communiques/communiques.htm

Publié le 24.04.2008 | par Patricia Fener

La Guyane est insérée dans une région d’épidémie généralisée et la politique de santé dans ce département doit être définie plus en fonction de ce contexte qu’en référence au cadre national métropolitain. La complexité des défis auxquels doit répondre la Guyane impose un exercice d’innovation institutionnelle : adaptation des politiques nationales aux contraintes locales ; adaptation des cadres institutionnels locaux dans le domaine sanitaire. A l’instar de l’état central, qui a su créer avec la Dsds ou la Caisse générale de la sécurité sociale des formats administratifs originaux adaptés, d’autres domaines de l’action publique, relevant soit de l’Etat, soit des collectivités territoriales, pourraient être repensés, rationalisés et redimensionnés à l’échelle de la Guyane et de ses besoins propres. La cohérence des actions publiques ne pourrait qu’en être renforcée et cela permettrait de mettre fin aux stratégies d’esquive permises par les limites et la concurrence des compétences institutionnelles entre Etat, région et département. La lutte contre l’épidémie passe en premier lieu par la prévention de la transmission. Pour cela, la connaissance du statut sérologique, accompagné de la capacité à se protéger et à protéger l’autre est fondamentale. Le secret et la honte qui entourent l’infection par le VIH rendent difficiles le dépistage et l’information du partenaire. L’absence de discours public sur cette épidémie, ou pis, certains discours ouvertement discriminatoires et volontiers racistes nourrissent le silence et la stigmatisation. L’absence d’une prise de parole forte et responsable de la part des élites prive les acteurs de la lutte contre le VIH d’un soutien indispensable qui modifierait profondément leur environnement et lèverait de nombreux obstacles qui limitent la portée des actions. Une action politique résolue contre la stigmatisation, la discrimination et le déni est nécessaire pour favoriser le dépistage, la divulgation du statut au partenaire, le recours aux soins sans crainte. Elle exige de la classe politique guyanaise qu’elle cesse de fuir sa part de responsabilités dans la réponse à une épidémie globale, sans se réfugier derrière des limites administratives qui ne peuvent être celles de l’action politique d’un élu.

Source en ligne  :
- CNS

Pour en savoir plus
- Rapport sur l’épidémie d’infection à VIH en Guyane du 21 février 2008

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