Bloquer le transfert du VIH d’une cellule à une autre : un nouveau composé très prometteur

Publié le 23.08.2012 | par Claire Criton

Une molécule capable de bloquer le transfert du VIH d’une cellule à une autre a été mise au point par deux équipes de chercheurs CNRS de Strasbourg (UMR 7199 et UPR 9021). Ce composé glycolipidique agit en saturant le récepteur DC-SIGN des cellules dendritiques. De structure plus simple que ceux précédemment étudiés, il pourrait avoir une application thérapeutique dans la lutte contre le VIH mais aussi contre d’autres pathogènes utilisant DC-SIGN pour contourner le système immunitaire.

Les CD jouent un rôle majeur dans la mise en place de la réponse immunitaire du fait de leur fonction essentielle de cellules présentatrices d’antigène. Les CD des tissus périphériques sont capables de capturer les virions et de les transmettre aux cellules permissives que sont les lymphocytes T CD4-positifs situés dans les ganglions lymphoïdes : on parle alors de trans-infection.

DC-SIGN, une nouvelle cible cellulaire dans la lutte contre le VIH

Les CD expriment à leur surface la molécule DC-SIGN (dendritic cell-specific ICAM3-grabbing non-integrin, aussi appelée CD209). Cette lectine de type C liant le mannose est impliquée notamment dans l’interaction des CD avec les lymphocytes T via la molécule ICAM3.

Le VIH utilise DC-SIGN pour se faire transporter intact jusqu’aux lymphocytes T qu’il va infecter. Il s’attaque en particulier aux lymphocytes T CD4+ (lymphocytes porteurs d’une molécule nommée CD4 et sensible au VIH), qui sont la cible principale utilisée par le virus pour son expansion.

Un composé capable d’inhiber le processus de transfert du VIH aux lymphocytes T CD4+

Les chercheurs CNRS de l’Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire et de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg ont collaboré pour mettre au point une nouvelle classe de composés glycolipidiques ciblant DC-SIGN, permettant ainsi la réduction de la trans-infection virale.

Ces composés amphiphiles [1] contiennent un mannose, un liant hydrophile essentiel pour la solubilité dans les milieux aqueux, et un lipide à chaîne de longueur variable. Ils présentent une forte affinité de liaison pour DC-SIGN. Les molécules les plus actives sont des composés trimannosidiques ramifiés.

Une structure moins complexe

Ce composé avec ses 3 blocs fonctionnels (groupement polaire épitope mannosidique, liant hydrophile, chaîne hydrophobe lipidique saturée de longueur variable) présente une structure plus simple que certains composés mannosidiques précédemment étudiés (CNRS, UMR 5075,Grenoble, 2010).

Des applications dans l’inhibition de l’infection à VIH mais aussi dans la lutte contre d’autres infections

DC-SIGN est également utilisé par d’autres pathogènes pour contourner le système immunitaire. Le composé mis au point par les chercheurs pourrait également présenter des débouchés dans l’inhibition de l’infection par d’autres virus, bactéries et parasites.


Source

1. Dehuyser L, Schaeffer E, Chaloin O, et al. Synthesis of Novel Mannoside Glycolipid Conjugates for Inhibition of HIV-1 Trans-Infection. Bioconjug. Chem. 2012. Available at : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/.... Consulté août 23, 2012.
2. Sattin S, Daghetti A, Thépaut M, et al. Inhibition of DC-SIGN-mediated HIV infection by a linear trimannoside mimic in a tetravalent presentation. ACS Chem. Biol. 2010 ;5(3):301-312.

[1] Les composés amphiphile sont des molécule ayant une extrémité hydrophyle.

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