Caractérisation moléculaire du VIH et du papillomavirus humain chez les femmes en âge de procréer infectées et diagnostic précoce par PCR du VIH chez leurs enfants au centre médical Saint Camille et au CERBA – Ouagadougou

Thèse de Doctorat en biologie moléculaire soutenue par SAGNA Tani le 03 Avril 2012, Université de Ouagadougou (Burkina Faso)

Publié le 24.05.2012 | par Patricia Fener

Cette thèse montre qu’au Burkina Faso, les femmes VIH positives en âge de procréer sont très souvent coinfectées par d’autres germes responsables d’Infections sexuellement transmissibles (IST) et/ou d’autres virus comme le Human papillomavirus et le virus de l’hépatite B qui sont tous susceptibles de faciliter la transmission mère enfant du VIH. Ce travail de recherche préliminaire montre des résultats qui ont des impacts de santé publique et pourrait donc être un tremplin pour une campagne de dépistage et de surveillance épidémiologique de ces différentes co-infections afin de réduire du même coup les risques de transmission mère enfant du VIH.

L’objectif principal de cette étude est de déterminer le taux résiduel de transmission des souches du VIH-1 et leurs résistances aux antirétroviraux (ARV) chez les enfants nés de mères séropositives co-infectées ou non par des infections sexuellement transmissibles (IST).
La collecte des échantillons s’est déroulée du 1er Octobre 2007 au 31 Décembre 2010. La première étude a concerné les femmes enceintes VIH-1 séropositives de moins de 32 semaines d’aménorrhée qui ont suivi le protocole de la PTME jusqu’à leur accouchement ; la technique de PCR a été utilisée pour dépister leurs nouveau-nés. Dans la deuxième étude, le dépistage du VIH a été effectué chez les femmes enceintes avec relevé de quelques unes de leurs caractéristiques, puis dépistage précoce du VIH chez leurs nouveau-nés. Pour la troisième étude, les techniques de cultures bactériennes, de PCR et d’hybridation moléculaire ont permis d’isoler et de caractériser des souches à partir de prélèvements vaginaux.

Résultats :
- la première étude a été effectuée sur 281 enfants et leurs mères (281) ;
- la deuxième sur 3215 femmes enceintes et leurs 388 enfants ;
- la troisième sur deux groupes : 156 femmes VIH positives en âge de procréer et 300 femmes de la population en général.

Pour la première étude, il a été décelé un taux de transmission verticale de 9,09 % chez les mères sous monoprophylaxie avec la Névirapine ; 4,55 % chez celles sous triprophylaxie avec AZT, 3TC et NVP et 0,00 % chez celles sous HAART.

Dans la deuxième étude ; il a été montré que, chez les femmes suivies et traitées pendant leur grossesse, des cas résiduels de transmission mère-enfant du VIH persistent toujours et sont de l’ordre de 1,75% pour la triprophylaxie et 0,00% pour la HAART. Dans cette même étude nous avons non seulement identifié des mutations génétiques du VIH qui induisent des résistances aux ARV mais aussi isolé les sous types et formes recombinantes circulantes (CRF) : 58,8% de CRF06_CPX, de 35,3% de CRF02_AG et de 5,9% de sous type G du VIH-1. En plus, les prélèvements vaginaux chez les femmes VIH séropositives de la troisième étude ont révélé la présence d’infections opportunistes comme celles à papillomavirus humain (58,33%) et à mycoplasmes (25,64%) qui induisent respectivement le cancer du col de l’utérus et des pathologies comme les vaginoses.


Source

1. Sagna T. Caractérisation moléculaire du VIH et du papillomavirus humain chez les femmes en âge de procréer infectées et diagnostic précoce par PCR du VIH chez leurs enfants au centre médical Saint Camille et au CERBA – Ouagadougou. 2012. Available at : http://www.cerbafaso.org/textes/DEA..."/>

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