Causes d’hospitalisation des enfants infectés par le VIH en Côte d’Ivoire

Publié le 24.08.2010 | par Patricia Fener

En Côte d’Ivoire, de nombreuses affections non spécifiques au VIH conduisent à l’hospitalisation des enfants infectés et sont responsables d’une mortalité élevée ; c’est ce que montre une étude réalisée au CHU de Yopougon.

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VIH, enfant, hospitalisation, mortalité ;Wikimedia commons

Cent-vingt dossiers d’enfants infectés par le VIH ont été analysés rétrospectivement sur 6 ans dans le but de répertorier les motifs d’hospitalisation  :
- Le sexe ratio [1] était de 1,03.
- L’âge moyen lors de l’hospitalisation était de 6,55 ans (extrêmes 3 mois et 15 ans).
- Les motifs d’hospitalisation étaient les suivants :

  • une candidose buccale dans 26,7 % des cas ;
  • la malnutrition protéino-énergétique (MPE) [2] dans 21,1 % des cas ;
  • les affections digestives (14,7 % des cas), avec notamment la diarrhée à Escherichia coli [3] ;
  • l’anémie dans 14,2 % des cas. Le paludisme est responsable de cette complication dans 5,1 % des cas (par destruction érythrocytaire et inhibition de l’érythropoïèse) ;
  • les pneumopathies communautaires (12,3 % des cas) [4] ;
  • les co-morbidités étaient fréquentes.

Chaque pathologie a été traitée par le protocole thérapeutique utilisé chez les immunocompétents, en complément du traitement antirétroviral (prescrit dans 53,1 % des cas) et de la prévention par le Cotrimoxazole (dans 46,9 % des cas).

Sur l’ensemble de ces hospitalisations, il a été déploré 36,7 % de décès dus à l’association MPE et déshydratation secondaire à une diarrhée dans 27,4 % des cas, ainsi qu’à l’anémie décompensée et aux pneumopathies à germes banaux.

Epidémiologie du VIH/sida en Côte d’Ivoire
Selon les dernières données de l’ONUSIDA, sur une population d’un peu plus de 17 millions d’habitants, le pays compte environ 480.000 [400.000 - 550.000] personnes vivant avec le VIH.
- Le taux de prévalence chez les adultes de 15 à 49 ans est de 3.9% [3.2% - 4.5%].
- Ils sont environ 420.000 [350.000 - 490.000] adultes âgés de 15 ans et plus à vivre avec le VIH.
- Les femmes âgées de 15 ans et plus sont environ 250.000 [210.000 - 290.000] à vivre avec le VIH.
- On estime à 52.000 [44.000 - 58.000] le nombre d’enfants âgés de 0 à 14 ans vivant avec le VIH.
- Il a été comptabilisé 38.000 [33.000 - 43.000] décès dus au sida.
- Environ 420.000 [320.000 - 530.000] enfants âgés de 0 à 17 ans ont été rendus orphelins par le sida.

Il ressort de cette étude effectuée au CHU de Yopougon que les affections non spécifiques au VIH sont responsables des hospitalisations de l’enfant infecté. Une diminution de ce taux d’hospitalisation et une réduction de la mortalité pourront être obtenues par le traitement des états morbides et l’amélioration de l’environnement socio-économique.

Mots-clés : VIH, mortalité, morbidité, hospitalisation, enfant, sida, Yopougon, Côte d’voire, Afrique.


Source :
-  Motif d’hospitalisation des enfants VIH positif au CHU de Yopougon (Côte d’Ivoire)
G. Diarrassouba, L. Adonis-Koffy, Kaudhjis, E. Niamien, E. Koutou
Archives de Pédiatrie, Volume 17, Issue 6, Supplement 1, June 2010, Page 168
-  ONUSIDA  : Côte d’Ivoire
-  Gouvernement de la Côte d’Ivoire  : Fiche signalétique de la Côte d’Ivoire

Pour en savoir plus :
-  le Crips Ile-de-France  : Associations ivoiriennes de lutte contre le VIH/sida



[1] Le ex ratio ou rapport de masculinité est le rapport entre le nombre d’hommes et de femmes.

[2] La malnutrition protéino—énergétique (MPE) également connue sous le nom de malnutrition protéino-calorique, est, à l’heure actuelle, le plus grave problème nutritionnel auquel se heurtent l’Afrique et d’autres régions en développement. Ses deux grandes formes cliniques sont le kwashiorkor et le marasme. Dans le premier cas, il s’agit surtout d’une carence protéique, et dans le second, d’une carence énergétique (calories). Il existe cependant beaucoup de cas intermédiaires qu’il est difficile de ranger dans l’une ou l’autre catégorie. On sait aussi que de nombreux enfants dont le régime alimentaire ne contient pas suffisamment de protéines et d’énergie subissent un arrêt de croissance et sont sujets à ces maladies, mais ne présentent aucun signe ou symptôme annonciateur évident autre que l’arrêt de croissance.
Source : FAO [en ligne]. Disponible sur : http://www.fao.org/docrep/x0081f/X0...

[3] Escherichia coli est une bactérie commensale du tube digestif de l’homme et de l’animal. Sa présence dans l’environnement est le témoin d’une contamination fécale
Source : InVS [en ligne]. Disponible sur : http://www.invs.sante.fr/surveillan...

[4] La pneumopathie communautaire se définit par deux caractères :
- Son caractère « pneumonique » aigu se définit par une infection aiguë du parenchyme pulmonaire associant :
• au moins 2 signes ou symptômes compatibles avec une infection respiratoire basse, tels une fièvre = 38°C ou une hypothermie, des frissons, des sueurs, une toux d’apparition récente avec ou sans expectorations, un aspect modifié des expectorations chez le bronchopathe chronique, une gêne ou une douleur thoracique, une dyspnée ;
• et un infiltrat parenchymateux récent sur la radiographie pulmonaire et/ou une auscultation pulmonaire compatible avec une pneumopathie (anomalies des bruits respiratoires et/ou des râles en foyer).
- Elle est dite communautaire si elle survient chez des patients vivant dans leur habitat usuel. Au sens le plus strict du terme, le caractère communautaire se définit par sa survenue à distance, de 14 jours ou plus, d’un éventuel séjour hospitalier ou institutionnel.
Source : urgence-pratique [en ligne]. Disponible sur : http://www.urgence-pratique.com/2ar...

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