Chaque année 90 nouveaux diagnostics d’infection à VIH chez l’enfant en France métropo

Publié le 29.07.2010 | par Claire Criton

Une étude a permis d’estimer pour la première fois le nombre annuel moyen de nouveaux diagnostics d’infection à VIH chez les enfants de moins de 13 ans, en France métropolitaine. Cette estimation, réalisée sur la période 2003-2006, s’élève à 364 nouveaux diagnostics d’infection à VIH, soit un nombre moyen d’environ 90 cas par an.


La contamination se fait par transmission de la mère à l’enfant

Le mode de contamination par le VIH chez l’enfant est dans la majorité des cas une transmission de la mère à l’enfant , pendant la grossesse ou le plus souvent durant l’accouchement.

Environ 1 500 enfants de moins de 13 ans vivent avec le VIH en France.

En France, le taux de transmission materno-fœtale du VIH est très faible (1,3%). Le nombre de nouveaux diagnostics chaque année y est estimé entre 15 et 20 chez les nouveau-nés,auxquels il faudrait rajouter les diagnostics chez les enfants nés en pays de forte endémie qui arrivent en France après leur naissance, et pour lesquels aucune estimation n’existe.

Une proportion importante de diagnostics est faite chez des enfants nés à l’étranger.

- Le modèle utilisé a estimé à 364 le nombre de nouveaux diagnostics d’infection à VIH chez les enfants pour la période 2003-2006 en France métropolitaine, soit un nombre annuel moyen de 90 ;
- les deux tiers (226 sur 364 soit 62%) des enfants nouvellement diagnostiqués étaient nés à l’étranger, le plus souvent en Afrique subsaharienne ;
- près de 60 % des diagnostics ont été effectués en Ile-de-France (214 sur 364) ;
- plus de neuf enfants sur dix diagnostiqués avant l’âge d’un an étaient nés dans notre pays, contre seulement un sur cinq parmi ceux diagnostiqués après leur premier anniversaire.

Plus du double du nombre souvent cité concernent des enfants nés en France.

Parmi les 90 diagnostics annuels, environ 35 concerneraient des enfants nés en France.

Il faudrait proposer systématiquement un dépistage du VIH aux enfants qui arrivent en France

La prévalence élevée dans certaines régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne, justifierait cette mesure qui permettrait ainsi une prise en charge adaptée.

Une femmes sur cinq n’a pas été testées pour le VIH durant sa grossesse

L’enquête nationale périnatale réalisée en 2003 indique que seules quatre femmes sur cinq déclarent avoir été testées pour le VIH durant la grossesse et 1,5% déclarent avoir refusé le dépistage proposé.

La prévention de la transmission mère-enfant passe par un diagnostic de la séropositivité chez la mère le plus tôt possible au cours de la grossesse et répété si besoin en fin de grossesse. En France, la loi du 27 janvier 1993 stipule qu’un test de dépistage de l’infection par le VIH soit systématiquement proposé aux femmes enceintes, lors du premier examen prénatal.

Il faudrait améliorer le système de déclaration obligatoire pour mieux décrire l’épidémiologie de l’infection chez les enfants.

Cette amélioration passe par une incitation à la déclaration des nouveaux diagnostics d’infection par le VIH chez l’enfant et notamment la sensibilisation des pédiatres.

Trois sources de données ont été utilisées pour cette étude :

- la déclaration obligatoire du VIH (DOVIH) ;
- l’enquête LaboVIH ;
- l’Enquête périnatale français (EPF-ANRS CO1/ CO10/CO11).


BEH du 20 juillet 2010 / n°30

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