Co-infection VIH/VHB, importance d’une stratĂ©gie globale de traitement

Publié le 06.01.2011 | par Claire Criton

La prĂ©valence de la co-infection par le VHB chez les personnes infectĂ©es par le VIH est Ă©levĂ©e. La prise en charge thĂ©rapeutique de l’infection Ă  VHB devra prendre en compte la nĂ©cessitĂ© ou non de traiter l’infection Ă  VIH et intĂ©grer les traitements anti-VHB et anti-VIH au sein d’une stratĂ©gie globale.

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Coinfection VHB/VIH

Un mode de transmission similaire

Les modes de contamination similaires (voie sanguine, voie sexuelle et transmission de la mĂšre Ă  l’enfant) expliquent la prĂ©valence Ă©levĂ©e de la co-infection par le virus de l’hĂ©patite B (VHB) chez les personnes sĂ©ropositives pour le VIH.

Plus de 7 % des patients infectĂ©s par le VIH sont porteurs d’une infection chronique Ă  VHB.

Le pronostic de l’hĂ©patite B aggravĂ© par la co-infection

- le risque de passage de l’hĂ©patite aigĂŒe B Ă  la chronicitĂ© est augmentĂ© ;
- la rĂ©activation du VHB chez les porteurs inactifs du VHB est plus frĂ©quente ;
- les sĂ©roconversions spontanĂ©es HBs ou HBe sont moins frĂ©quentes ;
- la progression vers la fibrose est plus rapide ;
- le risque de carcinome hĂ©patocellulaire est plus Ă©levĂ©.

En revanche, l’infection Ă  VIH n’est pas influencĂ©e par l’infection Ă  VHB.

L’objectif thĂ©rapeutique principal : l’arrĂȘt de la rĂ©plication du VHB

L’obtention d’une sĂ©roconversion HBs est beaucoup plus rare.

Le traitement devra Ă©galement viser Ă  faire rĂ©gresser la fibrose, Ă  prĂ©venir les complications de la cirrhose et la survenue d’un carcinome.

La stratĂ©gie thĂ©rapeutique liĂ©e Ă  la nĂ©cessitĂ© ou non d’un traitement antirĂ©troviral

- S’il n’y a pas nĂ©cessitĂ© d’un traitement anti-VIH, l’interfĂ©ron et l’adĂ©novir en association avec la telbivudine sont recommandĂ©s.

-  Dans le cas oĂč un traitement anti-VIH est nĂ©cessaire, l’inclusion dans le schĂ©ma thĂ©rapeutique du tĂ©nofovir en association avec la lamivudine ou l’emtricitabine est recommandĂ©e.

La dĂ©cision d’initier le traitement de l’hĂ©patite B prendra en compte :

- Le taux d’ADN VHB sĂ©rique. Si ce l’ADN VHB est infĂ©rieur Ă  2000 UI/mL et qu’il n’y a pas nĂ©cessitĂ© de traiter l’infection Ă  VIH, une simple surveillance des ALAT (alanine aminotransfĂ©rase) [1] tous les 6 Ă  12 mois est nĂ©cessaire.

- L’Ă©lĂ©vation des ALAT.

- Les lĂ©sions histologiques hĂ©patiques.

Les médicaments anti-VHB

- L’interfĂ©ron pĂ©gylĂ©

Il est rarement indiquĂ© en cas de co-infection VIH/VHB, mais il est une alternative intĂ©ressante en l’absence d’indication de traitement anti-VIH.

- Les analogues nuclĂ©osidiques

  • La lamivudine et l’emtricitabine : simple d’utilisation et de toxicitĂ© faible ; chez les patients co-infectĂ©s, elles sont incluses dans les combinaisons virales Ă  la posologie de 300 mg/24h. Leur principal inconvĂ©nient est d’induire des rĂ©sistances vis-Ă -vis du VHB.
  • la telbivudine : chez les patients co-infectĂ©s par le VIH, elle doit ĂȘtre prescrite en association avec un autre analogue nuclĂ©otidique sans rĂ©sistance croisĂ©e. en effet, les mutations de rĂ©sistance du VHB Ă  la telbivudine entraĂźnent une baisse de la sensibilitĂ© Ă  la lamivudine. Elle est indiquĂ©e chez les patients co-infectĂ©s sans indication de traitement anti-VIH, notamment en association avec l’adĂ©fovir dipivoxil.
  • L’entĂ©cavir : son utilisation peut ĂȘtre discutĂ©e en cas d’indication Ă  un traitement anti-VIH chez les patients intolĂ©rants au tĂ©nofovir. Il ne doit plus ĂȘtre prescrit chez les patients co-infectĂ©s qui n’ont pas d’indication Ă  un traitement contre le VIH.

- Les analogues nuclĂ©otidiques

  • L’adĂ©fovir : il n’est pas indiquĂ© lorsque le traitement contre le VIH est nĂ©cessaire. Il peut ĂȘtre utilisĂ© en l’absence d’indication de traitement contre le VIH, mais en Ă©vitant la monothĂ©rapie en raison du risque de survenue de rĂ©sistance. Cette option de traitement est utilisĂ©e de plus en plus rarement.
  • Le tĂ©nofovir : associĂ© Ă  la lamivudine ou Ă  l’emtricitabine, c’est le traitement de choix pour traiter l’hĂ©patite B chez le patient co-infectĂ© nĂ©cessitant un traitement pour le VIH. Il est actif sur le VIH et sur le VHB. La fonction rĂ©nale devra ĂȘtre surveillĂ©e pendant le traitement.

Dans la presse scientifique

- R. Pais, Y. Benhamou ; “ Traitements Ă  long terme de l’hĂ©patite chronique B chez le patient co-infectĂ© par le VIH ” ; GastroentĂ©rologie Clinique et Biologique, Volume 34, Supplement 2, September 2010, Pages S136-S141



[1] Enzymes dont le taux augmente dans le sang en cas de destruction des hépatocytes (cellules du foie) et plus particuliÚrement lors des hépatites virales

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