Co-infection VIH et hépatite C : l’ANRS met en place deux protocoles de recherches cliniques pour 2011

Publié le 10.11.2010 | par Claire Criton

Deux nouvelles molécules contre le virus de l’hépatite C, télaprévir et bocéprévir, seront prochainement accessibles aux personnes vivant avec le VHC. Deux essais devraient démarrer en janvier 2011. Ils évalueront, chez les patients co-infectés par le VHC et le VIH, l’une ou l’autre de ces anti-protéases, associée à la bithérapie de référence.

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La recherche sur les hépatites en France

Deux nouvelles anti-protéases contre le virus de l’hépatite C

Le boceprevir et le telaprevir sont des inhibiteurs de la protéase NS3 du virus de l’hépatite C. Chacun d’eux doit être utilisé en association avec le péginterféron alpha et la ribavirine. Leur mécanisme d’action est comparable à celui des autres inhibiteurs de la protéase du VIH.

Démarrage de deux protocoles de recherche en janvier 2011

Ces essais incluront des patients co-infectés par le VIH et le VHC.

Ils évalueront, chez ces patients, l’efficacité, la tolérance et les interactions pharmacologiques éventuelles de ces anti-protéases, associées à la bithérapie de référence.

Plus de 30 000 patients co-infectés par le VHC et le VIH en France

Les interactions potentielles entre les inhibiteurs des protéases du VHC et les antirétroviraux anti-VIH sont importantes à connaître pour éviter les complications.

Ce chiffre explique qu’un quart du budget de recherche de l’ANRS (Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales) soit consacré aux hépatites actuellement.

Il y a seulement 5 ans, ce budget était de 6%.

D’autres projets de recherches concernant les hépatites B et C

Deux autres protocoles de recherches cliniques, une ATU de cohorte et une vaste cohorte de patients infectés par le virus de l’hépatite C ou de l’hépatite B devraient également démarrer en 2011 :

- deux essais incluront des patients avec une cirrhose avancée, en attente de transplantation hépatique. Il s’agira de déterminer s’il est possible d’obtenir, avec ces trithérapies incluant l’une ou l’autre des anti-protéases spécifiques du VHC, une guérison de l’infection chronique à VHC avant transplantation. Le démarrage est prévu au premier trimestre 2011 ;

- une ATU (Autorisation temporaire d’Utilisation) de cohorte, coordonnée par le Pr Jean-Pierre Bronowicki (CHU de Nancy) et Fabrice Carat (Inserm Paris) devrait inclure 1200 à 1300 patients mono-infectés par le génotype de type 1, atteints d’une cirrhose compensée, non répondeurs partiels ou rechuteurs à la bithérapie de référence. Elle devrait déterminer l’efficacité virologique « dans la vraie vie » de ces deux anti-protéases, ainsi que l’apparition de résistances éventuelles ;

- une vaste cohorte de patients sur les hépatites B et C. pilotée par le Pr Stanislas Pol (hôpital Cochin, Paris) et Fabrice Carat. Elle devrait inclure 35 000 patients infectés par le virus de l’hépatite C et 20 000 patients infectés par le virus de l’hépatite B. Elle sera lancée à la mi-2011, en partenariat avec l’Afssaps, la HAS, l’InVS et les laboratoires pharmaceutiques intervenant dans ce domaine, en lien avec les associations de patients. Le métabolisme, la virologie et les sciences sociales font partie des objectifs de suivi.


- Dans la presse scientifique

"Hépatites C et B : l’ANRS met en place une vaste cohorte de patients " ; Florence ROSIER ; impact-sante (accès réservé aux professionnels de santé)

- A lire aussi

La brochure "Hépatites virales et co-infections VIH - Essais et études cliniques en cours" 2010

- BEH n°20-21 (19 mai 2009), Numéro thématique - Surveillance et prévention des hépatites B et C en France : bilan et perspectives


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