Comment améliorer la situation des personnes touchées par le VIH/sida en Asie du Sud-Est

Publié le 10.03.2009 | par Patricia Fener

Du 9 au 12 Mars 2009 se tient à Ho Chi Minh Ville (Vietnam) le 5ème conseil scientifique du site « Asie du Sud-Est » de l’Agence nationale de recherches sur le VIH/sida et les hépatites virales (ANRS). Les chercheurs des différents sites ANRS implantés dans les pays du Sud, des médecins de la région engagés dans la lutte contre le sida, ainsi que des associations de patients y participent pour échanger leurs expériences.

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Ho Chi Minh Ville

Le site ANRS « Asie du Sud-Est », créé en 2000 est implanté au Vietnam et au Cambodge. Les recherches qui y sont menées visent à améliorer la prévention, l’accès aux soins et la prise en charge des personnes touchées par le VIH/sida.

Ce conseil scientifique du site « Asie du Sud-Est » a pour objectif de faire le point sur les moyens pour améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/sida et lutter contre les co-infections VIH-tuberculose et VIH-hépatites. Les discussions porteront également sur les mesures à prendre pour diminuer la transmission du VIH de la mère à l’enfant et améliorer le dépistage chez le nourrisson.

Les moyens d’améliorer la prise en charge des patients sont explorés à travers des programmes de recherche fondamentale, clinique et en sciences humaines et sociales. Ils visent à identifier les formes de virus circulant dans cette région, à explorer les mécanismes biologiques des résistances aux traitements antirétroviraux, et à comprendre comment s’organise localement la riposte face à l’épidémie de VIH/sida.

En ce qui concerne la co-infection VIH-tuberculose, il faut savoir qu’au Cambodge la prévalence de la tuberculose est l’une des plus élevées au monde et la co-infection très meurtrière en l’absence de traitement.
Le problème du calendrier de démarrage des antirétroviraux et antituberculeux (à base de rifampicine) sera abordé (démarrage simultané ou en différé ?) ; il faut en effet éviter les effets indésirables, voire un rebond de la tuberculose.
Un essai thérapeutique (ANRS 1295 Camelia) est actuellement en cours pour étudier l’introduction précoce versus tardive d’un traitement antirétroviral chez des patients adultes atteints de tuberculose et co-infectés par le VIH au Cambodge.
Un autre essai thérapeutique (ANRS 12 150 RAP) va démarrer au Vietnam pour étudier la pharmacocinétique de la rifabutine combinée à la thérapie antirétrovirale dans le traitement de patients atteints de tuberculose avec co-infection par le VIH.

La réduction de la transmission du VIH de la mère à l’enfant vise à être obtenue en utilisant en traitement préventif Ténofovir (associé à l’Emtricitabine) à la place de la Névirapine qui peut induire le développement de virus résistants chez la mère et l’enfant et compromettre ainsi l’efficacité des futurs traitements antirétroviraux.

Pour ce qui est de l’amélioration du dépistage du VIH chez le nourrisson, les chercheurs recommandent l’utilisation de la méthode de PCR (Polymérase Chain Reaction) en temps réel qui mesure les produits d’amplification de l’ARN viral au fur et à mesure de l’amplification. Cette technique est rapide, fiable et peu onéreuse. D’autre part, le papier buvard est préconisé comme support pour y déposer le sang prélevé au niveau du talon du nourrisson.
Un diagnostic précoce et précis, allant de pair avec un traitement approprié, peut fortement améliorer les perspectives de survie des nouveau-nés qui ont été exposés au VIH. En effet, le rapport « Enfants et SIDA : troisième bilan de la situation, 2008 » préparé par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé, l’ONUSIDA et le Fonds des Nations Unies pour la population cite l’étude « La thérapie antirétrovirale précoce chez l’enfant séropositif », qui fait état d’une réduction de 76 pour cent de la mortalité en cas de début du traitement dans les 12 premières semaines de vie du nouveau-né. Malheureusement en 2007, moins de 10 pour cent des bébés nés d’une mère séropositive ont subi un test de dépistage avant l’âge de deux mois.

Selon les chiffres communiqués par le Ministère de la santé du Viet Nam et parus dans le rapport 2008 de l’ONUSIDA, le nombre estimatif de personnes vivant avec le VIH a plus que doublé entre 2000 et 2005 dans cette région. C’est pourquoi cette mise en commun des savoirs et des expériences pendant ce 5ème conseil scientifique du site "Asie du Sud-Est" de l’ANRS ne pourra avoir que des effets positifs dans la lutte contre l’épidémie de VIH/sida qui touche fortement cette partie du monde.

Source :
- ANRS

Pour en savoir plus :
- ONUSIDA : rapport 2008

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