Considérations sur la prophylaxie pré-exposition au VIH ou PreP

Publié le 29.03.2011 | par Patricia Fener

Lors de la dernière Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2011), plusieurs communications ont porté sur la prophylaxie pré-exposition ou PreP qui consiste à "traiter" en préventif, certains sujets séronégatifs à haut risque de contamination. La prophylaxie pré-exposition ou PreP, est désormais considérée très sérieusement depuis la publication fin 2010 des premiers résultats de l’étude IPrEx renforcés par les communications de Boston portant sur la faisabilité et la tolérance de la méthode.

Le risque de contamination diminué de près de moitié

L’étude iPrEx a inclus, entre juillet 2007 et décembre 2009, 2499 homosexuels masculins et transsexuels. La moitié a bénéficié d’un traitement quotidien par TRUVADA® (emtricitabine / tenofovir) tandis que l’autre moitié était sous placebo.

Après un suivi médian de 1,2 année :
- 36 personnes ont été infectées par le virus du sida dans le groupe TRUVADA® contre 64 dans le groupe contrôle soit une diminution de 44 % du risque d’infection par VIH pour les patients sous chimioprophylaxie.

- Après prolongation de l’étude pendant 4 mois, le taux d’efficacité était de 42 %, semblable à celui de la première analyse.

Le rôle fondamental de l’adhérence au traitement

Chez la majorité des personnes contaminées dans le groupe TRUVADA® les taux de médicaments étaient indétectables dans le sang, probablement en raison d’une mauvaise observance du traitement, posant le problème de l’adhérence au traitement.

Il persiste cependant de nombreuses interrogations concernant

- l’efficacité à long terme de ces stratégies  ;
- l’adhérence au-delà de la fin de l’étude  ;
- l’apparition ultérieure de résistances du virus aux antiviraux  ;
- l’impact de cette stratégie sur les comportements sexuels ;
- les populations qui pourraient bénéficier de ce type de prise en charge. (Des études sont en cours chez les toxicomanes, auprès de couples sérodiscordants, etc., pour tenter d’évaluer l’intérêt de la PreP dans ces populations).

Selon l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) un seul essai ne peut suffire à recommander dès à présent d’ajouter la PreP à l’arsenal préventif. "Il s’agit encore de recherche et, en aucun cas, le traitement préventif ne doit être vu comme une alternative au préservatif ", insiste le Pr Jean-Michel Molina (hôpital Saint- Louis, Paris).

Source :

Le generaliste  : Le traitement préventif est-il une solution  ?

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