De la tolérance immunitaire à la thérapie génique de l’infection par le VIH

Gilles Marodon, HDR : Université Pierre et Marie Curie - (Paris VI), 5 avril 2011

Publié le 10.10.2011 | par Patricia Fener

Résumé :
Le système immunitaire est un réseau d’organes, de cellules et de molécules reliés dynamiquement chargé de surveiller l’intégrité de l’organisme. La meilleure connaissance de son fonctionnement est de nature à amener de nouvelles pistes thérapeutiques pour traiter nombre de maladies telles que le cancer, les maladies auto immunes ou les maladies infectieuses. Nos travaux sur la tolérance immunitaire ont montré sans équivoque dans deux modèles différents qu’une population spécialisée de lymphocytes T exprimant le facteur de transcription foxp3 était sélectionnée par l’expression de l’antigène cognitif dans le thymus. La redécouverte de cette population de lymphocytes a rejoint les avancées majeures de l’immunologie moderne. Nous avons montré chez la souris que l’expression de foxp3, tenu pour responsable de la fonction suppressive dans le système immunitaire, était instable et très sensible à l’action d’inhibiteurs " coupant " la voie de signalisation initié par l’IL-2. Nous rechercherons d’autres voies de signalisation spécifique aux lymphocytes T régulateurs chez la souris dans un modèle "naturel " de sélection thymique. Cette étude systémique permettra de définir de nouvelles cibles pour une inhibition pharmacologique ou génétique de foxp3. L’utilisation d’inhibiteur de foxp3 présente un intérêt évident pour l’immunothérapie anti-tumorale où la fonction régulatrice joue contre l’élimination de la tumeur. Nous avons pour projet de transposer nos résultats obtenus chez la souris à l’homme afin de développer une stratégie d’immunothérapie anti-tumorale. Nous prévoyons de développer un modèle du cancer colo-rectal humain chez la souris NOD.SCID.gc-/- afin de pouvoir valider l’idée que la déplétion pharmacologique de lymphocytes T régulateurs avant transfert de lymphocytes T a un vrai impact sur la réponse contre la tumeur autologue. Nous avons par ailleurs montré que dans ce modèle de souris, le transfert de cellules souches hématopoietiques humaines conduisait à la génération de lymphocytes T CD4+ susceptibles à l’infection par le VIH. Nous prévoyons dans un second projet d’utiliser ce nouveau modèle animal de l’infection pour tout d’abord questionner la vision actuelle de l’immunopathologie de l’infection en déterminant (i) si la réponse des lymphocytes T CD8+ est bien responsable de la résolution du pic de virémie durant la phase primaire de l’infection par le VIH et (ii) si la population de lymphocytes T double négatifs est bien la population responsable de la production de la majorité des virions infectieux. Dans un second temps, nous prévoyons d’utiliser les souris humanisées pour valider une stratégie de thérapie génique de l’infection par le VIH. La spécificité des vecteurs lentiviraux envers les lymphocytes T CD4, gage de sécurité et d’efficacité maximum, a été validé chez la souris et chez l’homme. Aussi, nous avons construit des vecteurs exprimant une combinaison de gènes thérapeutiques inhibant la fusion du virion avec la membrane de la cellule, soit en entrant en compétition avec la gp41 virale, soit en modulant l’expression de CCR5 à la surface. Le suivi des souris traitées puis infectées sera réalisée en mesurant la charge virale et la fréquence des lymphocytes T CD4+ afin de juger de la qualité de la reconstitution immunitaire après thérapie génique. L’ensemble de ces travaux et projets vise à transposer les résultats de nos travaux de recherche les plus fondamentaux au service du patient.


Source

- tel.archives-ouvertes : HDR en ligne

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