Découverte de protéines responsables de l’« hibernation » du VIH

Publié le 26.03.2009 | par Claire Criton

Des chercheurs espagnols ont pour la première fois pu mettre en évidence l’implication de trois protéines (FACT, Spt6 et Chd1) dans le mécanisme d’« hibernation » (ou latence) du virus du SIDA.

Un obstacle majeur à l’éradication du SIDA est la latence du virus VIH. En effet, la contamination par le VIH a pour conséquence l’activation des lymphocytes T CD4. Certains lymphocytes T CD4 infectés par le VIH peuvent retourner à l’état latent. Il en résulte une forme latente, silencieuse du virus à l’intérieur d’une cellule qui peut ainsi survivre très longtemps. C’est la notion de réservoir de VIH. Si ultérieurement cette cellule rencontre l’antigène approprié, son activation conduira à la production de virus. À l’ère des multithérapies antirétrovirales, la latence offre au virus la possibilité de persister très longtemps dans l’organisme. Elle est d’ailleurs responsable de la nécessité de suivre les traitements antirétroviraux à vie puisque, au moindre arrêt de la médication, les copies du virus qui sortent de leur "hibernation" sont capables d’induire une nouvelle virémie.

La chromatine joue un rôle essentiel dans la régulation de la transcription du VIH. Des scientifiques de l’université de Barcelone ont étudié le rôle d’une région spécifique du génome du VIH (5′HIV-TR) dans l’expression du virus et la latence des cellules infectées. Ils ont montré que trois molécules (FACT, Spt6 et Chd1) sont capables de réguler cette région du génome en compactant spécifiquement la chromatine (ou fibre d’ADN) sur laquelle elles se sont fixées. Les gènes du virus deviennent alors "illisibles" pour les enzymes de transcription alors que les autres gènes de la cellule infectée, eux, ne sont pas modifiés et sont transcrits normalement. Ces trois protéines permettent en fait de maintenir un niveau de transcription basal très bas.

Ce mécanisme permet enfin d’expliquer le paradoxe entre l’absence d’expression du génome viral et sa localisation dans des régions transcriptionnellement très actives.

Cette découverte inédite permet d’envisager ces trois protéines (FACT, Spt6 et Chd1) comme d’éventuelles cibles thérapeutiques complémentaires permettant de lutter contre la latence du virus.

Voir en ligne :

-  "Yeast Genetic Analysis Reveals the Involvement of Chromatin Reassembly Factors in Repressing HIV-1 Basal Transcription" Manuela Vanti, Edurne Gallastegui, Iñaki Respaldiza, Alfonso Rodríguez-Gil, Fernando Gómez-Herreros, Silvia Jimeno-González, Albert Jordan, Sebastián Chávez ; PLoS Genet 5(1) : e1000339. doi:10.1371/journal.pgen.1000339

- bulletins-electroniques.com

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