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Densité osseuse et inhibiteurs de protéase : vigilance chez les enfants et les adolescents séropositifs

Publié le 10.06.2010 | par Claire Criton

Les traitements antirétroviraux de la classe des inhibiteurs de protéase (Ritonavir) seraient associés à des valeurs significativement plus basses de la densité osseuse chez les enfants et les adolescents séropositifs. Une étude italienne relance le débat sur la responsabilité des thérapeutiques antirétrovirales dans les troubles du métabolisme osseux associés au VIH.

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Antirétroviraux et densité osseuse de l’enfant

Densité osseuse totale et de la colonne lombaire significativement diminuée

La densité minérale osseuse (DMO) a été mesurée chez 86 enfants et adolescents infectés par le VIH et chez 194 jeunes de la même tranche d’âge séronégatifs.

Les patients traités par inhibiteurs de protéase (IP) avaient une DMO totale et du rachis lombaire significativement plus basse (p>0.05) que le groupe témoin.

Dans le groupe traité par IP, les individus prenant du Ritonavir à pleine dose, seul ou associé à de la Stavudine, avaient une DMO plus basse que dans les autres groupes traités.

Discordance des différentes études et absence de réponse précise sur la responsabilité des thérapeutiques antirétrovirales

Cette étude italienne est la première étude évaluant l’impact d’un traitement antirétroviral chez des enfants et des adolescents. La notion générale de baisse de la DMO était déjà connue chez les enfants séropositifs, sans que la responsabilité du traitement ait été explorée.

Parmi les études réalisées jusqu’à présent, notamment chez les adultes :

- certaines n’ont pas confirmé la responsabilité des thérapeutiques antirétrovirales dans la survenue de la baisse densitométrique (études longitudinales) ;

- d’autres ont montré que la densité minérale osseuse ne serait pas modifiée par la permutation des antirétroviraux (notamment la permutation des inhibiteurs de la protéase pour une autre classe thérapeutique comme les inhibiteurs de la transcriptase inverse) ;

- d’autres encore ont retrouvé une toxicité osseuse chez certains antirétroviraux (ARV) comme les inhibiteurs de la protéase. Cependant, elles ont conclu, qu’en permettant une amélioration de l’état de santé du malade et la correction de certains facteurs de risque d’ostéoporose (comme le poids, l’IMC, les activités physiques), les ARV contrebalanceraient leur toxicité potentielle.

Les antirétroviraux hors de cause dans les troubles osseux de la femme pré-ménopausée

Une récente étude belge a montré que la prévalence de l’ostéoporose et de l’ostéopénie était élevée chez la femme pré-ménopausée. Aucun lien significatif n’a été retrouvé entre la baisse de la densité osseuse et le traitement antirétroviral, même lorsqu’il comporte des inhibiteurs de protéase, chez ces femmes.

Une vigilance accrue chez les enfants et adolescents sous Ritonavir ou Stavudine

Les auteurs de cette étude recommandent une surveillance étroite de la masse osseuse chez les jeunes patients séropositifs traités par Ritonavir et/ou stavudine.


Dans la presse scientifique

- “ Antiretroviral therapy and bone mineral measurements in HIV-infected youths ” ; Gianvincenzo Zuccotti, Alessandra Viganò, Clara Gabiano, Vania Giacomet, Federica Mignone, Sara Stucchi, Valeria Manfredini, Francesca Marinacci, Stefano Mora ; Bone, Volume 46, Issue 6, June 2010, Pages 1633-1638

- “ Risk factors of osteopenia in HIV-infected women : No role of antiretroviral therapy ” ; A. Libois, N. Clumeck, K. Kabeya, M. Gerard, S. De Wit, B. Poll, M. Tondeur, Serge Rozenberg ; Maturitas, Volume 65, Issue 1, January 2010, Pages 51-54


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