Dépistage de l’infection par le VIH en France ; les nouvelles recommandations de la Haute autorité de santé

Publié le 22.10.2009 | par Patricia Fener

La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de publier le second volet de ses recommandations sur la pertinence d’une évolution des stratégies et du dispositif de dépistage de l’infection par le VIH. Le premier volet concernait la question de l’évaluation de la pertinence d’une modification des modalités de réalisation des tests de dépistage et en particulier préciser la place des tests rapides de dépistage (TDR) ; les recommandations concernant ce sujet ont fait l’objet d’une publication par la HAS en octobre 2008.

Évaluer la pertinence d’une évolution des stratégies et du dispositif de dépistage

Les recommandations concernant cette question ont été élaborées en partenariat avec l’Institut de veille sanitaire (InVS), le Centre de recherches économiques, sociologiques et de gestion et le Centre hospitalier de Tourcoing, à l’issue d’une analyse des enjeux actuels du dépistage et d’une explicitation des attentes de la Direction générale de la santé (DGS), en lien avec l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et le Conseil national du sida (CNS).

Les dernières données épidémiologique montrent en effet que bien qu’un nombre important de tests de dépistage soit réalisé en France, il persiste malgré tout un retard au dépistage de l’infection par le VIH qui affecte notamment certains groupes de population ne se considérant pas comme « à risque ». On estime aujourd’hui que près de 40 000 personnes sont infectées et ignorent leur séropositivité.

Proposer le test de dépistage à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans et aux populations à risque

Pour améliorer ce retard la HAS recommande une stratégie de dépistage en deux volets :

- Le premier volet consiste en la proposition du test de dépistage de l’infection par le VIH à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d’exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière.

Cette stratégie doit s’appuyer sur la mobilisation active des médecins généralistes et autres acteurs de santé [1] dont le rôle est primordial pour aider la population générale à modifier son regard sur le dépistage de l’infection par le VIH et promouvoir l’idée que l’amélioration de la connaissance du statut sérologique peut être à l’origine de bénéfices importants, tant au niveau individuel que collectif.

La proposition de dépistage en population générale devra s’accompagner d’une information adaptée afin d’obtenir un consentement éclairé et d’une appréciation de la capacité de la personne à recevoir le résultat du test.
En dehors de ce cadre, une information-conseil personnalisée devra être adaptée aux différents contextes de l’offre de dépistage.

Les résultats et l’impact de ce nouveau dispositif sur la diminution du retard au dépistage seront évalués au bout de 5 ans.

- Le second volet cible certaines populations exposées à un risque de contamination ou à caractéristique particulière et dans certaines circonstances et repose sur la proposition régulière du test de dépistage de l’infection par le VIH.

Ces populations particulièrement exposées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), les personnes hétérosexuelles ayant eu plus d’un partenaire sexuel au cours des derniers 12 mois, les usagers de drogues injectables (UDI), les personnes originaires d’une zone de haute prévalence, les sujets en situation de prostitution, les individus dont les partenaires sexuels sont porteurs du VIH.

- Le cas particulier de la Guyane
Un volet de ces recommandations porte sur la Guyane qui vit une situation d’épidémie généralisée du VIH. En effet, la Caraïbe est la région du monde la plus touchée par le VIH/sida après l’Afrique subsaharienne. Dans les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane), l’incidence du sida, bien que moindre que dans le reste de la Caraïbe, est bien plus élevée que dans l’hexagone (jusqu’à 15 fois en Guyane) et le mode de transmission est majoritairement hétérosexuel. Pour ce département, la HAS recommande la mise en oeuvre de stratégies de dépistage spécifiques et volontaristes reposant sur une proposition régulière de dépistage à l’ensemble de sa population.

Encourager et faciliter le dépistage volontaire

A côté de ce volet d’incitation au dépistage du VIH, la HAS établit certaines recommandations pour encourager et faciliter le recours volontaire au dépistage.

Pour la Haute autorité de santé, la démarche volontaire de dépistage doit demeurer un des piliers du dispositif, reposant notamment sur les médecins généralistes et les Centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG)/Centres d’information de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST). Plusieurs pistes sont proposées pour améliorer ce dispositif.

Source :
- HAS

Pour en savoir plus :
- Dépistage de l’infection par le VIH en France - Modalités de réalisation des tests de dépistage
- Société française de santé publique "Proposer plus largement le dépistage du VIH, une recommandation à soutenir"


[1] les biologistes, les médecins spécialisés dans la prise en charge de l’infection par le VIH, les professionnels du suivi de la grossesse (gynécologues-obstétriciens, gynécologues médicaux, sages-femmes), les professionnels travaillant dans les CDAG, les CIDDIST, les centres de planification et d’éducation familiale et les centres de PMI, en milieu carcéral ainsi que des associations de patients et d’usagers.

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