Dépistage de l’infection par le VIH en France entre 2003 et 2011 : données de l’enquête LaboVIH

Publié le 28.02.2013 | par Patricia Fener

L’Institut de veille sanitaire (InVS) présente des données sur l’activité de dépistage du VIH en France de 2003 à 2011, à partir de l’enquête LaboVIH [1] Ces données permettent d’observer dans l’année qui a suivi la publication du Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014, une augmentation modérée de l’activité de dépistage du VIH. Il est cependant trop tôt pour savoir si cette augmentation constitue une tendance qui va se poursuivre dans les années à venir, et si elle va permettre de diminuer le nombre de personnes infectées par le VIH en France qui ignorent leur séropositivité.

En France, 15 000 à 30 000 personnes seraient infectées par le VIH mais non diagnostiquées. De plus, la moitié des diagnostics d’infection par le VIH sont faits à un stade tardif, à moins de 350 CD4 par mm3.

L’analyse des données de l’enquête LaboVIH [2] montrent que :
- en 2011, 5,2 millions (IC95% : [5,12-5,24]) de sérologies VIH ont été réalisées en France, soit une augmentation significative de +4% par rapport à 2010.
Le nombre de sérologies a augmenté dans les départements d’outremer (DOM) et en métropole, hors Île-de-France, alors qu’il est stable en Île-de-France ;
- environ 10 517 (IC95% : [10 276-10 758]) sérologies ont été confirmées positives en 2011, nombre stable depuis 2007 à l’échelle nationale.
Le nombre de sérologies positives augmente depuis 2007 en métropole hors Île-de-France, alors qu’il diminue en Île-de-France et dans les DOM ;
- en 2011, 7% des sérologies VIH étaient réalisées dans un cadre anonyme et gratuit, et la proportion de sérologies positives était plus élevée parmi les sérologies anonymes que parmi les sérologies non anonymes (3,2 versus 1,9/1 000 tests).

Les membres du réseau national de santé publique ont pu constaté sur la base de cette enquête que dans l’année qui a suivi la publication des recommandations d’élargissement du dépistage, le nombre de sérologies réalisées a augmenté, sans accroissement du nombre de sérologies positives. Ils concluent cependant qu’un recul plus important est nécessaire pour déterminer si cet élargissement permet un diagnostic plus précoce et une diminution de la prévalence des personnes infectées par le VIH mais non diagnostiquées.


Source

1. InVS. Dépistage de l’infection par le VIH en France, 2003-2011. Numéro thématique. VIH/sida en France  : données de surveillance et études. 2012. Available at : http://www.invs.sante.fr/pmb/invs/(id)/PMB_11145. Consulté le février 28, 2013.


[1] Les biologistes de tous les laboratoires d’analyses de biologie médicale de ville et hospitaliers de France (environ 4 300) sont sollicités pour recueillir le nombre de personnes testées pour le VIH et le nombre de personnes confirmées positives pour la première fois pour le laboratoire.
La surveillance de l’activité de dépistage du VIH (LaboVIH) a pour objectifs de suivre l’évolution nationale et régionale du nombre de sérologies VIH réalisées en France, y compris dans un cadre anonyme, d’aider à interpréter les données de la déclaration obligatoire (DO) du VIH et d’en estimer l’exhaustivité.

[2] Cette enquête a été réalisée grâce au financement de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), la Direction générale de la santé (DGS) et l’Institut de recherches en santé publique (IReSP). L’ORS Île-de-France en a assuré la responsabilité scientifique et a coordonné ce projet avec l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Inpes.

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