Dépistage du VIH : le point sur les tests rapides d’orientation diagnostique

Publié le 24.10.2011 | par Patricia Fener

L’utilisation en médecine générale des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) pour le dépistage du VIH se heurte à des difficultés d’utilisation et de temps. C’est en effet ce que montrent les résultats d’une étude française présentée au congrès de l’European Aids Clinical Society (EACS) qui s’est tenue à Belgrade (Serbie), du 12 au 15 octobre 2011.

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Test Rapide d’Orientation Diagnostique (TROD) VIKIA-HIV1/2

En France, l’arrêté du 9 novembre 2010 fixe les nouvelles conditions de réalisation des tests rapides d’orientation diagnostique de l’infection à VIH (VIH 1 et 2)

Cet arrêté, publié au Journal officiel du 17 novembre 2010, a étendu les indications des TROD à toute personne le souhaitant, et non plus seulement aux situations d’urgence.

Le recours aux tests rapides d’orientation diagnostique de l’infection à VIH 1 et 2 permet d’élargir l’offre traditionnelle de dépistage de l’infection à VIH 1 et 2 existante, auprès des populations et des individus les plus exposés au risque de transmission du VIH.

Les médecins généralistes ont été incités à proposer les TROD à leurs patients afin qu’ils prennent connaissance de leur statut sérologique vis à vis du VIH.

Une étude du Gervih (Groupe d’études et de recherche ville-hôpital) a évalué la faisabilité et les éventuelles difficultés d’une utilisation de ces tests en médecine générale

Au total, 62 médecins généralistes ont participé à cette étude qui a permis d’inclure 383 patients, auxquels le test a été proposé.

En cas d’acceptation du test, le médecin réalisait le TROD à son cabinet, avec le Vikia-HIV1/2 (BioMérieux) sur du sang capillaire, avec une lecture du résultat après 20 à 30 minutes.

Une bonne acceptabilité des TROD par les patients, moins satisfaisante pour les médecins

Sur les 383 patients, seul un patient a refusé le test.

Pour les 382 patients qui l’ont accepté, le médecin dit avoir rencontré une difficulté dans 41,9% des cas.

Le test lui-même est critiqué par les médecins qui le trouvent :
- peu pratique car le prélèvement de sang doit être fait à partir d’une piqûre au doigt du patient. Ce problème a rendu le test invalide pour 30 patients, probablement en raison d’une quantité insuffisante de sang prélevée ;
- trop chronophage (17,6% des médecins).

Au total, il apparaît que 40,6% des médecins n’ont pas l’intention de continuer à utiliser le test rapide en pratique de routine, principalement en raison de ces deux problèmes : prise de sang et contrainte de temps.

Afin d’améliorer la diffusion de ce test rapide d’orientation diagnostique, les auteurs proposent d’envisager des programmes de formation ayant pour objectif de faire évoluer les pratiques en médecine de ville.


Source

1. Florence ROSIER avec APM. Dépistage du VIH : des freins à l’utilisation des tests rapides en médecine générale. Available at : http://www.impact-sante.fr/Medecine.... Consulté octobre 24, 2011.

2. EACS. webcast de la 13e conférence de la Société européenne de recherche clinique sur le sida (EACS). Available at : http://www.multiwebcast.com/eacs/20.... Consulté octobre 24, 2011.

3. Femmes et sida. Performances des tests rapides d’orientation diagnostique dans l’infection à VIH. Available at :. Consulté octobre 24, 2011.

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