Dépistage du VIH/sida : le médecin généraliste a un rôle majeur à jouer

Publié le 06.04.2010 | par Claire Criton

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Rôle de médecin de famille dans le dépistage du VIH/sida

Les nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) préconisent de proposer un test de dépistage à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans, hors notion d’exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière. Dans ce contexte, le médecin généraliste se trouve en première ligne pour encourager et faciliter le recours volontaire et individuel au dépistage.









- Réduire le retard au dépistage qui persiste en France

En France, un tiers des personnes dépistées le sont trop tardivement, alors qu’elles sont déjà au stade sida et/ou que leur niveau de lymphocytes CD4 est inférieur à 200/mm3. Paradoxalement, notre pays est au second rang des États d’Europe de l’Ouest pour le nombre de sérologies VIH qui y sont pratiquées.

Ce sont les groupes de population qui ne se considèrent pas comme « à risque » qui sont le plus affectés par ce retard :

  • personnes de plus de 40 ans ;
  • hétérosexuels ;
  • couples ;
  • personnes ayant des enfants.

- Le risque de décès multiplié par 13 en cas de prise en charge tardive

Un dépistage tardif (stade sida et/ou lymphocytes CD4 inférieur à 200/mm3) a des conséquences majeures en termes de morbidité et de mortalité. Il multiplie le risque de décès par 13 dans les six premiers mois, et ce surrisque persiste pendant quatre ans, par rapport aux sujets pris en charge plus précocement.

- Proposer un test à l’ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans

Après une analyse de la littérature, puis modélisation du coût et de l’efficacité des différentes stratégies envisagées, l’HAS a émis ses recommandations :

  • les personnes âgée de 15 à 70 ans doivent se voir proposer le test de dépistage du VIH, même hors notion d’exposition à un risque particulier ;
  • les populations les plus à risque [1] doivent se voir proposer le test tous les ans ;
  • en Guyane où l’épidémie est généralisée, un test devrait être proposé tous les ans à l’ensemble de la population ;
  • le dépistage volontaire doit être facilité en offrant la possibilité de se faire dépister sans prescription médicale dans les laboratoires d’analyses biologiques.

- Le rôle majeur du médecin généraliste

Jusqu’à présent, la stratégie reposait sur la promotion de la démarche volontaire individuelle de dépistage et sur le dépistage ciblé des populations considérées comme plus à risque. Dorénavant, les médecins généralistes devront proposer systématiquement le test aux personnes âgée de 15 à 70 ans, et ceci hors notion d’exposition à un risque de contamination ou caractéristique particulière.

Le médecin de famille a donc un rôle primordial à jouer afin de permettre à toute personne de connaître son statut sérologique vis-à-vis du VIH. Cette connaissance peut être à l’origine de bénéfices importants, individuels mais aussi collectifs. Elle pourra entraîner la réduction du risque de transmission par la mise sous traitement des personnes infectées. N’oublions pas qu’en France, 40 000 personnes infectées par le VIH ignorent encore leur séropositivité.

En proposant systématiquement le test, le médecin généraliste devrait également permettre de modifier le regard porté sur le dépistage de l’infection par le VIH. La proposition de dépistage en population générale devra s’accompagner d’une information adaptée afin d’obtenir un consentement éclairé. Le médecin devra aussi s’assurer de la capacité de la personne à recevoir le résultat du test.

Voir en ligne

HAS, Actualités & Pratiques – N° 18 – Avril 2010

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[1] Hommes multipartenaires ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, usagers de drogues injectables, personnes originaires d’une zone de haute endémie, comme l’Afrique subsaharienne ou les Caraïbes

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