Dépistage et VIH : ANRS Drag’Test, étude d’une nouvelle offre de dépistage

Publié le 12.04.2010 | par Claire Criton

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Test rapide pour le dépistage communautaire du VIH/sida

Le projet Drag’Test, destiné à tester l’impact d’un dépistage communautaire du VIH via les associations vient d’être lancé à Marseille le 25 Mars 2010. Si les résultats s’avèrent concluants, cette étude pourrait faire évoluer le cadre légal français du dépistage.













  • Le contexte légal français ne reconnaît pas le droit à des acteurs non médicaux de réaliser des tests de dépistage du VIH

Actuellement en France, le test de dépistage du VIH est réalisé sur prescription d’un médecin, par une prise de sang, effectuée par un infirmier ou un laborantin. Ce dispositif de dépistage médicalisé est limité au cabinet du médecin, au laboratoire d’analyses médicales, à l’hôpital ou aux Consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG).

La diversification de l’offre de dépistage permettrait l’identification plus précoce de cas de VIH et par conséquent, à un niveau individuel, une prise en charge médicale plus précoce. Dans ce contexte est née l’idée de proposer un dépistage du VIH réalisé par des militants associatifs.

  • Comment attirer les personnes qui évitent les structures classiques et celles qui prennent des risques répétés ?

Les associations font le constat que les personnes rencontrées dans les actions de terrain ne vont pas se faire dépister aussi souvent qu’elles le désirent, par peur d’être jugées. La mise en place d’une nouvelle offre de dépistage semble s’imposer pour attirer les personnes qui évitent les structures classiques et celles qui prennent des risques répétés.

L’offre de dépistage associera un test sanguin rapide (30 mn) à des conseils délivrés par des acteurs d’Aides, un parcours global qui prendra au total deux heures.

  • Le projet Drag’Test teste l’impact d’un dépistage communautaire du VIH via les associations.

L’étude ANRS DRAG’ TEST, lancée à Marseille le 25 Mars 2010, est une recherche biomédicale. Elle est menée par l’ANRS, AIDES et le Conseil général des Bouches-du-Rhône pour le site de Marseille. L’étude bénéficie également de la collaboration de l’Unité 912 de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). Il s’agit ici de comparer l’impact de deux types de proposition de dépistage auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) qui s’adressent aux centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) : dépistage classique CDAG versus dépistage rapide avec un counselling communautaire.

Une autre recherche basée sur le test à résultat rapide, l’étude ANRS COM’TEST, avait déjà été lancée en Novembre 2008, à Montpellier. Elle évaluait les critères de qualité, de faisabilité et d’évaluation d’une offre de dépistage communautaire, dans des locaux de AIDES, en direction des HSH visés par les actions associatives de prévention et de réduction des risques sexuels.

L’enquête ANRS DRAG’TEST est nationale. Elle se déroule dans 5 CDAG : à Marseille, Nice, Toulouse et Paris (2 CDAG). 680 personnes participeront à l’étude.

Cette recherche va comparer l’impact de deux types de proposition de dépistage auprès des HSH qui s’adressent aux centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) : dépistage classique CDAG versus dépistage rapide avec un entretien de prévention réalisé par les acteurs de AIDES.

  • Le test en pratique

Le test rapide de dépistage du VIH retenu est le test VIKIA® HIV 1/2 du laboratoire Biomérieux. Il est agréé par les Autorités de Santé françaises et européennes.

    • Le test à résultat rapide permettra de connaître le statut sérologique d’une personne 3 mois après la prise de risque ;
    • Le résultat sera obtenu moins de 30 minutes après le test ;
    • Étant dans le cas d’une recherche biomédicale, les professionnels des CDAG, après l’acceptation du protocole par les personnes, réaliseront les tests classiques nécessaires pour l’étude ;
    • La personne devra disposer de deux heures pour réaliser toutes les étapes de la recherche.
  • Cette étude devrait faire évoluer le dépistage pour tout le public concerné par le VIH/sida

Si cette étude s’adresse exclusivement à des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les résultats, qui devraient être disponibles pour novembre 2011, contribueront à l’argumentation en faveur de l’évolution du cadre légal français pour l’ensemble des personnes les plus concernées par le VIH.

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