Dépistage par l’International HIV Dementia Scale des troubles neurocognitifs parmi les patients séropositifs au VIH de l’ouest guyanais

Bonnave, Nathalie ; Thèse d’exercice : Médecine ; Université Joseph Fourier (Grenoble) ; 2011

Publié le 09.06.2011 | par Patricia Fener

"En Guyane, zone d’épidémie généralisée de l’infection VIH, aucune étude n’a jusqu’à présent recherché la prévalence des troubles neurocognitifs chez les patients séropositifs au VIH. Or, ces troubles observés dans l’histoire naturelle de l’infection VIH dans 20 à 50% des cas, peuvent être dépistés par des batteries de tests neuropsychologiques. Le dépistage de ces troubles se heurtait à la barrière linguistique et à un taux d’illettrisme important. Nous avons utilisé un test de dépistage transculturel, l’International HIV Dementia Scale (IHDS), qui s’amende des contraintes de lecture et de calcul pour dépister les troubles neurocognitifs liés au VIH. Notre objectif principal était d’évaluer la proportion de patients présentant un test IHDS positif, donc pouvant être atteints de troubles neurocognitifs au sein de la file active des patients séropositifs de l’ouest Guyanais suivi au Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais (CHOG). Secondairement, nous avons recherché une relation entre des facteurs tel que l’âge, le taux de CD4, la charge virale et le résultat du test. Enfin, cette étude avait pour but de conclure sur la possible utilisation du test IHDS en pratique courante pour le dépistage de troubles neurocognitifs, et quel devrait être le parcours des patients dépistés par ce test. Nous avons réalisé une étude descriptive transversale incluant sur une période de 6 mois de manière exhaustive les patients se présentant en consultation de suivi au CHOG. Durant la consultation, les patients ont réalisé le test IHDS. Résultats : 111 patients ont été inclus. Ils présentaient des caractéristiques épidémiologiques similaires à celles de la file active de patients séropositifs du CHOG. Un tiers des patients présentaient un test positif, donc pouvaient être atteints de troubles neurocognitifs. Cette prévalence était comparable à celles retrouvées dans les autres études ayant utilisé le test IHDS. Nous avons observé que l’âge et le niveau d’éducation étaient des facteurs associés à un test positif. Nous n’avons pas retrouvé de liens entre le taux de CD4, la charge virale, le NADIR des CD4, la durée de l’infection et le résultat du test. Les patients ayant un test positif avaient de moins bons résultats thérapeutiques et un suivi plus aléatoire. De manière prévisible, des troubles neurocognitifs ont été dépistés par l’IHDS chez un tiers des patients séropositifs suivis au CHOG. Cela a mis en évidence la nécessité de les dépister. L’IHDS a été un outil facilement utilisable, adapté à la pratique courante Guyanaise. Ces résultats justifient la mise en place de mesure d’aide à l’observance spécifique pour les patients atteints de troubles neurocognitifs dans une région présentant des résultats thérapeutiques très insuffisants."

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-  SUDOC  : thèse

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