Emergence d’une nouvelle population infectée par le VIH, vieillissante et potentiellement fragile

Publié le 17.12.2008 | par Claire Criton

La longévité des personnes vivant avec le VIH est croissante depuis l’introduction en 1996 des traitements antirétroviraux hautement actifs (HAART). On voit ainsi émerger une nouvelle population infectée par le VIH, vieillissante et potentiellement fragile qu’il faut prendre en considération avec ses spécificités en termes de comorbidités et de traitements associés.

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Léonard de Vinci Wikimedia commons

A partir de données informatisées, une étude française décrit les caractéristiques d’une population VIH+ âgée de plus de 64 ans ayant consulté en 2007 au sein du groupe hospitalier parisien Cochin–Saint-Vincent-de-Paul.

Parmi les 1569 patients séropositifs ayant consulté en 2007 :

- 3,6 % avaient 65 ans ou plus (79 % d’hommes), dont 13 (23 %) plus de 74 ans. Ils étaient respectivement 8/778 (1 %) et 1/8 (12,5 %) en 1995.
- La durée médiane de séropositivité était de 13 ans (extrêmes : 2–23), séropositivité diagnostiquée en 2006 pour 3 patients. Soixante-cinq pour cent étaient séropositifs depuis au moins 10 ans et 18 % depuis au moins 20 ans.
- Le mode de contamination était sexuel dans 88 % des cas (hétérosexuel : 40 %, homo- ou bisexuel : 48 %).
- 37% des patients étaient au stade CDC C (SIDA).
- 10,5 % étaient co-infectés par les virus de l’hépatites B et/ou C.
- Tous les patients sauf 3 (dont les 2 patients VIH-2) bénéficiaient d’une HAART, comprenant pour 5 d’entre eux l’anti-intégrase raltégravir. Le nombre de combinaisons antirétrovirales reçues était de 6 en moyenne (extrêmes : 1–14), la durée médiane de traitement antirétroviral était de 10,5 ans (extrêmes : 0,5–20). Les combinaisons thérapeutiques les plus prescrites étaient les associations de 2 analogues nucléosidiques (NRTI) + 1 inhibiteur de protéase (37 %) et 2 NRTI + 1 analogue non nucléosidique (24 %).
- La charge virale VIH-1 était indétectable (< 40 copies/ml) chez 71 % des patients, et 40 % d’entre eux avaient un taux de lymphocytes T CD4 > 500/mm3 (médiane 438/mm3, extrêmes : 10–1088).
- Pour 14 patients, 1 à 7 comorbidités étaient renseignées et 1 à 10 médicaments étaient prescrits en plus du HAART.
- La mortalité enregistrée dans cette population VIH+ de plus de 64 ans avait diminué de 68,4 % à 9,6 % entre les périodes 1993–1996 et 2003–2006.

Dans la presse scientifique :

-  "Le VIH... le virus et les personnes infectées prennent de l’âge"  ; F. Rollot Trad, O. Launay, V. Le Baut, M.-P. Piétri, P. Blanche, D. Salmon, L. Guillevin ; La revue de médecine interne, Volume 29, numéro S3, page 308 (décembre 2008)

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