Epidémiologie des Infections sexuellement transmissibles (IST) en France

BEH de l’Institut national de veille sanitaire (Invs) ; 5 juillet 2011 / n° 26-27-28

Publié le 04.07.2011 | par Patricia Fener

Depuis les années 2000, on observe une recrudescence des Infections sexuellement transmissibles, contemporaine de l’augmentation des comportements sexuels à risque et de la diffusion des traitements antirétroviraux.


Syphilis et gonococcies, des maladies sentinelles constituant un véritable observatoire de la sexualité des populations et surveillées par les réseaux RésIST et Rénago

-  La syphilis
En 2000, une épidémie de syphilis touche la communauté homosexuelle des grandes villes des pays riches, fréquemment séropositive au VIH, puis elle atteint les homosexuels séronégatifs.

Sa pénétration dans la population générale hétérosexuelle reste très faible.

La reprise de comportements à risque et sa transmission facile par le sexe oral expliquent cette épidémie.

-  Les gonococcies
La recrudescence de la gonococcie a suivi de près celle de la syphilis, affectant non seulement la communauté homosexuelle masculine mais également de jeunes hétérosexuels.

Les techniques de dépistage du gonocoque se sont améliorées avec les tests d’amplification des acides nucléiques, permettant de dépister des gonococcies silencieuses chez des femmes et des homosexuels masculins.

Un problème sérieux concernant cette infection est l’accumulation pour l’agent infectieux Neisseria gonorrhoeae de résistances aux antibiotiques. Après avoir développé des résistances aux fluoroquinolones, le gonocoque est en train d’acquérir des résistances aux céphalosporines de troisième génération.

Il est donc recommandé à tout médecin, devant une urétrite, de faire un prélèvement bactériologique et de ne plus traiter à l’aveugle.

La lymphogranulomatose vénérienne (LGV)
Elle avait disparu au milieu des années 1980 puis est réapparue en 2003 à Rotterdam dans la communauté homosexuelle et a diffusé depuis dans le monde entier.

Cette épidémie est due à l’émergence de la souche L2b responsable essentiellement d’ano-rectite qui, pour l’instant, est cantonnée à une population homosexuelle.

Les IST endémiques dans la population
Elles possèdent les caractéristiques de ne pas être soumises à des fluctuations à cycle rapide et d’être bien installées dans tous les pays. Elles sont le plus souvent asymptomatiques et potentiellement très graves.

-  Les infections à Chlamydia Trachomatis
Leur prévalence chez les jeunes femmes en France est de l’ordre de 3%, voire supérieure à 10% dans les centres de dépistage.
Le dépistage est facile et le traitement aisé (doxycycline ou azithromycine).
Il serait souhaitable d’inscrire ce dépistage dans les priorités de santé publique et de le rendre gratuit.

-  Les infections à Papillomavirus humain (PVH)
Leur dépistage est basé sur les frottis du col, dont la pratique a une efficacité remarquable sur la baisse de l’incidence de ces cancers.
Le dépistage par génotypage est plus compliqué et n’est pas consensuel.

Dans l’étude du Centre national de référence (CNR) des PVH de l’Institut Pasteur, la prévalence de l’infection cervicale par PVH était de 24%, dont une grande partie de virus oncogènes. Même si la grande majorité de ces infections vont guérir spontanément, la vaccination est d’un intérêt majeur pour la prévention à la fois des cancers épithéliaux et des condylomes.

-  L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB)
En France, on estime à plus de 2 400 nouveaux cas par an le nombre d’hépatites B, impliquant la nécessité d’augmenter la couverture vaccinale de la population française.

Source :
-  Invs  : Infections sexuellement transmissibles : il faut poursuivre la surveillance