Epidémiologique de l’infection à VIH chez les donneurs de sang français

Publié le 05.05.2011 | par Patricia Fener

Depuis l’année 2000, la surveillance virologique des donneurs de sang infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) complète la surveillance épidémiologique établie en 1992. Les données actuelles montrent une diminution du taux de dons VIH positifs chez les nouveaux donneurs et chez les donneurs connus depuis 1992.

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VIH, don de sang ;Wikimedia commons

Un suivi basé sur des caractéristiques démographiques et d’explorations biologiques :
- la charge virale pour le VIH-1 ;
- le sérotypage des anticorps anti-V3 ;
- le génotypage par séquencage d’un fragment du gène codant pour la protéine gp41 ;
- le test d’infection récente (inférieure ou égale à 6 mois) permettant une estimation de l’incidence.

Un taux de dons VIH positifs divisé par 14 chez les nouveaux donneurs et par 3 chez les donneurs connus depuis 1992
- en 2009, ces taux étaient respectivement de 0,2 et 0,09 pour 104 dons ;
- le nombre de positifs est plus élevé chez les donneurs connus que chez les nouveaux donneurs (22 contre 11 en 2009).

Des dons VIH positifs plus fréquents chez les hommes
- le sexe ratio est en faveur des hommes (2,6 en 2008–2009) et la moyenne d’âge tend à augmenter (38 ans en 2008–2009) ;
- le facteur de risque retrouvé dans 80 % des cas est sexuel, avec un partage hétéro- et homosexuel pour les hommes et une tendance à la hausse pour le second.

Une incidence (nombre de séroconversions/nombre de personnes années) entre 2007 et 2009 estimée à 1,63 pour 105 chez les nouveaux donneurs et 1,38 pour 105 chez les donneurs connus
- sur les 273 donneurs de sang testés entre 2000 et 2009, 7,3% avaient une charge virale inférieure à 400 copies par milliltre (11–350) dont 37,5% avaient échappé au dépistage génomique viral et 1,8% plus de 6 log (tous en phase précoce) ;
- le test d’infection récente (1992–2009) a identifié 150 (28 %) porteurs du virus depuis moins de 6 mois.

Une augmentation des sous-types non-B
- en ce qui concerne la diversité virale on constate :

  • une faible proportion de VIH-2 (0,53 % entre 1992–2009) ;
  • une augmentation de la proportion des sous-types non-B (4,4% entre 1985–1989, 37,7% entre 2008–2009) dont près de 85% sont originaires d’Afrique subsaharienne ;
  • sur les 163 souches génotypées entre 2004 et 2009, le génotype B reste majoritaire (64,4 %) suivi du CRF 02 [1](Circulating Recombinant Form) (17,2 %).



Source :
-  Vingt ans de surveillance épidémiologique de l’infection à VIH chez les donneurs de sang français .
Transfusion Clinique et Biologique, Volume 18, Issue 3, May 2011, Pages 338-419, XXVème congrès de la SFTS Lyon 4-6 mai 2011

Pour en savoir plus :
-  InVS  : Surveillance épidémiologique des donneurs de sang en France, 1992-2009


[1] Certains sous-types se recombinent entre eux pour donner des virus recombinants, les CRF, véritables mosaïques des différents sous-types.

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