Evolution de la pratique des tests de dépistage du VIH chez les mineurs placés sous la main de la justice

Publié le 11.01.2010 | par Patricia Fener

L’Assemblée nationale a publié un rapport d’information sur la santé des mineurs placés sous la main de la justice intitulé : « Un meilleur partenariat santé/Justice pour une justice pénale des mineurs efficace ».
Deux enquêtes ont été menées en 1997 et 2004 par une équipe de chercheurs du Laboratoire d’épidémiologie psychiatrique de l’enfant et de l’adolescent de l’Institut national de la santé et de la recherche (Inserm), à la demande de la Direction de la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Elles ne concernent que les jeunes de 14-20 ans pris en charge par les services du secteur public de la PJJ en France métropolitaine, hors mesures d’investigations et hors quartiers mineurs du milieu pénitentiaire.

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Statut de la Justice

Un volet de ces enquêtes a porté sur le recours au système de soins de cette population.

La majorité des jeunes ont consulté au moins une fois un professionnel de la santé durant l’année (94 % des garçons et 97 % des filles).
Parmi les professionnels consultés, le médecin généraliste vient largement en tête (81 %), suivi du dentiste (62 %) et des autres spécialités médicales (ophtalmologiste 30 %, dermatologue 20 %, ORL 19 %).

En ce qui concerne la consultation gynécologique, 50 % des filles ont consulté au moins une fois le gynécologue, avec un taux de consultation passant de 35 % chez les 14-15 ans à 63 % chez les 18-20 ans.

Les jeunes pris en charge par la PJJ ont aussi consulté dans l’année des psychologues (45 %), des infirmières (39 %) et des assistants de service social (37 %).

Pour l’ensemble des recours aux professionnels de santé, les filles sont plus consultantes. On note, dans la majorité des cas, une augmentation de la consultation médicale et paramédicale entre 1997 et 2004, particulièrement sensible pour le médecin généraliste, le dentiste, l’ophtalmologiste.

Près d’un tiers des jeunes ont été hospitalisés (39 % des filles, 28% des garçons) et près d’un sur deux a en outre été admis aux urgences dans l’année (47 % des filles et 43 % des garçons), alors que le taux d’hospitalisation est bien moindre en population générale : environ 8 % avec 11 % de taux de passage aux urgences.

Concernant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), 20 % des filles disent y avoir eu recours durant leur vie, et 36 % disent avoir déjà utilisé la pilule du lendemain.
Les garçons déclarent que 5 % de leur partenaire ont eu recours à une IVG et que 14 % ont pris la pilule du lendemain. Il semble que les garçons ignorent fréquemment ce qui se passe pour leur partenaire.
La proportion des filles qui ont déjà fait une IVG ou ont pris la pilule du lendemain augmente avec l’âge.
La comparaison entre les deux enquêtes de 1997 et de 2004 montre une augmentation des IVG (20 % contre 12 %).
La comparaison avec la population générale montre, par exemple dans la tranche d’âge des 18-20 ans, une fréquence de déclaration d’IVG des jeunes enquêtées supérieure (29 % contre 21,5 %).

Les tests de dépistages du VIH et/ou de l’hépatite C sont plutôt réalisés par les filles (45 % des filles et 19 % des garçons ont déjà fait un dépistage du VIH, 37 % des filles et 20 % des garçons ont déjà fait un dépistage de l’hépatite C) et augmentent avec l’âge.
La comparaison entre les deux enquêtes de 1997 et de 2004 montre que la pratique du dépistage de l’infection à VIH n’a pas évolué.

Les conclusions de ce rapport montrent qu’il est nécessaire de repenser l’articulation du soin et de l’accompagnement éducatif et d’améliorer le suivi sanitaire et psychique de ces mineurs.

Source :
- Assemblée nationale

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