Folliculite pustuleuse à éosinophiles et infection à VIH

Publié le 04.11.2010 | par Claire Criton

La folliculite pustuleuse à éosinophiles survient habituellement au stade de sida. D’évolution chronique, elle est socialement très handicapante. Elle peut parfois survenir suite à l’occasion d’un syndrome de restauration immunitaire.

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Folliculite pustuleuse et sida




Cette dermatose se manifeste lorsque le taux de lymphocytes CD4 est inférieur à 250 par millimètre cube.

Elle serait un marqueur du risque de développement d’infections opportunistes.

Cependant, très rarement, cette affection peut survenir de façon paradoxale lors d’un syndrome de restauration immunitaire cette affection marque, de façon paradoxale, un syndrome de restauration immunitaire [1]

Son incidence est estimée à 9 %.

Des papules prurigineuses sur le tronc et la face.

Ces papules folliculaires, érythémateuses ou pseudo-urticariennes sont très prurigineuses et d’évolution récurrente.

La plupart du temps, l’atteinte prédomine à la partie haute du tronc, aux épaules, au cou et au visage.

Quand elles sont profuses, ces lésions peuvent être responsables d’un retrait social.

L’examen bactériologique des pustules est stérile.

L’examen histologique d’une biopsie de lésion papuleuse montre un aspect inflammatoire du derme, infiltré par de nombreux polynucléaires éosinophiles associés à quelques lymphocytes.

Une hyperéosinophilie sanguine est mise en évidence chez environ 50 % des sujets atteints.

La pathogénie reste mal expliquée.

Elle ferait intervenir une réaction immune médiée par les lymphocytes T de type Th-2.

Quels sont les autres diagnostics à évoquer devant des lésions pustuleuses ?

Une rosacée inflammatoire ainsi qu’une dermatose pustuleuse de nature infectieuse sont à évoquer.

L’absence de fièvre et d’altération de l’état général ainsi que la nette prédominance des lésions pustuleuses au visage permettent d’éliminer une pustulose exanthématique aiguë généralisée ainsi qu’un sepsis.

La prise en charge est souvent difficile.

Les dermocorticoïdes constituent le traitement de première ligne.

La mise sous trithérapie améliore en général cette dermatose.

Lors d’un syndrome de restauration immunitaire, la remontée et la stabilisation du taux des lymphocytes CD4 peuvent jouer un rôle favorable sur l’évolution clinique.


Dans la presse scientifique

- “ Folliculite pustuleuse à éosinophiles au cours d’un syndrome de restauration immunitaire chez un sujet séropositif pour le VIH ” ; G. Springinsfeld, B. Roth, M. Martinot, M.-C. Tortel, M.-L. Batard ; Médecine et Maladies Infectieuses, édition avancée en ligne du 2 Novembre 2010



[1] Survenue de signes et/ou symptômes de type inflammatoires après introduction d’une trithérapie antirétrovirale efficace avec augmentation du nombre de lymphocytes T CD4 circulants et restauration partielle de la fonction immunitaire.

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