Guatemala, l’UNICEF agit pour la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant

Publié le 12.02.2009 | par Patricia Fener

Au Guatemala, le taux de prévalence de l’infection à VIH chez les adultes (15-49 ans) est faible puisqu’il ne représente qu’un pour cent de la population. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), environ 59 000 personnes sont séropositives. Les programmes de l’UNICEF dans ce pays sont essentiellement axés sur la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Au sein de la population guatémaltèque, la sexualité est un sujet tabou et la communication ainsi que l’éducation à la prévention du VIH/sida insuffisantes, voire inexistantes. Des idées fausses concernant les modes de transmission du VIH circulent dans les villages. La contraception est rarement évoquée dans cette société et il n’est pas exceptionnel pour une femme d’avoir jusqu’à dix enfants.

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Derkovits Gyula : The_Mother (1934)

Transmission du VIH de la mère à l’enfant
En l’absence de toute intervention, on estime que 15 à 30 % des femmes qui ont une infection à VIH transmettront celle-ci pendant la grossesse et l’accouchement, et dans une proportion de 10 à 20 % par l’allaitement de leur nouveau-né.

La transmission du VIH d’une femme enceinte infectée par ce virus à son enfant nouveau-né est qualifiée de transmission mère-enfant, périnatale, ou verticale.

L’infection de l’enfant par le VIH peut survenir pendant la gestation, pendant l’accouchement (lorsque le fœtus entre en contact avec la muqueuse et le sang maternel dans la filière pelvi-génitale), ou après l’accouchement lors de l’allaitement maternel.

En l’absence de mesures prophylactiques, le risque de transmission est de 15 % en Europe et 30 à 40 % en Afrique, principalement en période néonatale (fin de grossesse, accouchement) ; le risque est majoré par la gravité de la maladie de la mère, et minoré par l’administration de zidovudine chez les mères non antérieurement traitées et par l’accouchement par césarienne programmée. Ces deux mesures associées amènent le risque de transmission à 1-2 %. De plus, la transmission par l’allaitement maternel étant avérée, celui-ci doit être interdit dans la mesure du possible.

La transmission mère-enfant est la première cause d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez l’enfant. Le mécanisme de cette transmission, plus particulièrement au cours de la grossesse, est à ce jour encore mal défini. Les cellules trophoblastiques du placenta sont considérées comme une cible potentielle du rétrovirus ou serviraient éventuellement au passage du VIH vers le foetus (transcytose c’est-à-dire passage du virus dans la cellule sans l’infecter). Le processus de transmission du VIH (par infection directe ou transcytose) serait favorisé, ou encore inhibé, par des facteurs liés à la fois au phénotype viral et à l’environnement cellulaire.

Chez les femmes non allaitantes, environ 25% à 35% des transmissions se font pendant la grossesse, dont 95% dans les deux derniers mois, et 65% à la délivrance.
Une étude a montré qu’une transmission du VIH à la fin du second trimestre entraîne la mort du fœtus et l’avortement avec une prévalence de transmission de 11,1% chez les femmes ayant une charge virale de 100 000 copies par ml et de 3,1% chez celles ayant un taux inférieur à 100 000 copies par ml.

La durée médiane estimée entre la naissance et l’apparition des marqueurs viraux est de 10 jours ; le 95ème percentile est estimé à 56 jours ce qui implique que l’infection à VIH chez le nouveau-né, contractée durant la grossesse ou l’accouchement, peut être diagnostiquée pendant les trois premiers mois de vie. Il faut donc attendre la fin du premier trimestre de vie pour écarter formellement une transmission verticale chez le nouveau-né de mère infectée.

Les actions de l’UNICEF au Guatemala
L’UNICEF apporte sa contribution en offrant une assistance technique, des ressources humaines et en proposant des tests de séropositivité pour les femmes enceintes dans 15 des 37 hôpitaux publics du pays.

L’UNICEF a de plus permis au gouvernement guatémaltèque d’obtenir des moyens financiers pour le traitement des enfants. Grâce à une alliance avec la Fondation Clinton, le traitement gratuit et à vie de 150 enfants guatémaltèques avec des médicaments antirétroviraux (ARV) est assuré.

Il y a deux ans à peine, le Guatemala ne disposait pas de protocole pédiatrique de traitement. Pour traiter les enfants, le personnel soignant divisait simplement les comprimés des adultes en deux.

Avec l’aide de l’UNICEF, environ 840 enfants du Guatemala ont reçu en 2006 un traitement antirétroviral (par rapport à 356 en 2005). Malheureusement, beaucoup d’enfants meurent encore par retard de diagnostic et de prise en charge et l’un des objectifs de l’UNICEF est d’informer au mieux les mères sur ce risque.

Source :
- UNICEF

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