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Hypertrophie du tissu adipeux après Lipostructure® chez un sujet infecté par le VIH et traité par antirétroviraux.

Publié le 23.02.2009 | par Patricia Fener

L’atrophie localisée du tissu adipeux facial chez le sujet infecté par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est une complication fréquente du traitement antirétroviral. La Lipostructure® selon Coleman reste le traitement de référence. Bien que cette technique soit parfaitement codifiée et ses complications quasi inexistantes, une étude rapporte le cas d’une hypertrophie secondaire après correction.

Les traitements antirétroviraux de l’infection par le VIH sont responsables d’effets secondaires parfois sévères qui touchent en priorité le tissu adipeux en entraînant une redistribution ou lipodystrophie, associée ou non à des troubles métaboliques. Ces lipodystrophies ont une origine multifactorielle comprenant des facteurs liés à l’infection, au patient (âge, sexe, habitudes nutritionnelles, sédentarité) et au traitement.

Les deux principales classes thérapeutiques incriminées sont les inhibiteurs de la protéase virale et les analogues nucléosidiques, avec une incidence importante de la durée du traitement. Il semble que l’association de ces deux classes thérapeutiques accélère et aggrave la lipodystrophie. Ces molécules sont délétères par des mécanismes différents mais qui convergent sur le tissu adipeux. Certaines modifient profondément sa différenciation, son métabolisme, sa fonction mitochondriale et l’équilibre des hormones (leptine, adiponectine) et cytokines (Facteur de nécrose tumorale alfa, Interleukine-6) qu’il sécrète.

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Le handicap social induit par ces modifications de la répartition du tissu adipeux, notamment au niveau du visage, suscite une demande compréhensible de correction chirurgicale.

La Lipostructure® selon Coleman ou lipo-injection autologue est actuellement le traitement de référence de l’atrophie cutanée profonde.
Son principe est de réaliser un comblement par des adipocytes autologues en injectant du tissu adipeux sous la peau atrophique, voire sous le fascia ou dans le muscle sous-jacent.
Après prélèvement du site donneur par lipo-aspiration à la seringue, généralement au niveau de l’abdomen ou des hanches, le matériel recueilli est centrifugé afin de ne conserver que le tissu adipeux.
Celui-ci est mis en place au niveau du site receveur sur toute la surface à traiter au sein de fins tunnels. Quand les cellules graisseuses s’installent et survivent, cette technique a l’avantage d’offrir un remplissage permanent.

Les complications de cette technique sont rares et se résument souvent à l’apparition d’hématomes après l’intervention qui se résorberont en une dizaine de jours.

Les auteurs de cet article rapportent le cas d’une hypertrophie secondaire après correction par Lipostructure®. Cette complication est à distinguer de la surcorrection par l’intervalle libre avant son apparition. Son traitement par lipo-aspiration peut être envisagé mais expose au risque de récidive. Le traitement le plus efficace, au vu de la littérature, reste l’exérèse chirurgicale.

Dans la presse scientifique  :
Hypertrophie du tissu adipeux après Lipostructure® chez un sujet séropositif traité par antirétroviraux. Cas clinique et revue de littérature.
A. Rousvoal, G. Délia, V. Casoli and D. Martin
Annales de Chirurgie Plastique Esthétique Article sous presse

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