Identifier les besoins des patients âgés infectés par le VIH en matière de prise en charge

Publié le 26.01.2012 | par Claire Criton

Trois études françaises ont été mises en place pour caractériser les patients âgés séropositifs pour le VIH, et identifier leurs besoins en matière de prise en charge.

En Europe, 16,5% des patients VIH+ ont plus de 50 ans.

L’espérance de vie des patients séropositifs pour le VIH augmente. Dans la pratique quotidienne du médecin, les patients séropositifs de plus de 50 ans représentent un patient sur cinq.

Ces patients présentent un vieillissement pathologique.

La survenue des troubles cognitifs, métaboliques, cardiovasculaires, de l’arthrose, de l’inflammation, du diabète, de l’ostéoporose est plus précoce.

A 60 ans, le patient séropositif ressemble à un homme non infecté de plus de 80 ans.

Cependant, ces patients de 50 ans n’ont pas les mêmes envies, ni les mêmes besoins que les patients de 90 ans, même s’ils sont physiologiquement identiques.

Il n’y a pas de solution de soins de suite en France pour ces patients.

Actuellement, pour chaque cas, le médecin doit faire la demande d’une double dérogation : pour l’acceptation d’un patient de moins de 65 ans en institution, et pour l’aide sociale pour le financement.

Trois études françaises ont été lancées fin 2011 chez les patients VIH+ âgés, à haut risque d’évoluer vers la dépendance, dans l’optique d’optimiser leur prise en charge.

Trois études françaises ont été mise en place pour caractériser et identifier les besoins des patients VIH+ âgés en matière de prise en charge.

- L’étude VISAGE 1

Cette étude porte sur les interactions médicamenteuses éventuelles entre le traitement antirétroviral et les traitements des autres maladies.

Elle a inclus 265 patients VIH+ âgés. Parmi eux, 90% ont une autre pathologie et 80% prennent des médicaments liés à cette autre pathologie.

- L’étude VISAGE 2

Les patients VIH+ âgés prennent en moyenne cinq médicaments différents, dont beaucoup de paracétamol. Ces traitements concomitants ne sont pas forcément déclarés au médecin ni pris en compte.

L’étude VISAGE 2 fera la comparaison entre 225 patients non infectés par le VIH et prenant des traitements concomitants et des patients VIH+ âgés.

- L’étude VISAGE 3

Cette étude évaluera le phénotype des patients VIH+ âgés en s’appuyant sur le travail de Linda Fried, de l’université Columbia (New York).

Ce chercheur a décrit en 2003 un phénotype de fragilité entraînant plus de chutes et davantage d’institutionnalisation chez les patients présentant trois des cinq critères suivants :

  • perte de poids involontaire ;
  • diminution de la force de préhension ;
  • ralentissement de la vitesse de marche ;
  • faible endurance ou énergie et activité physique réduites.

Ce phénotype de fragilité touche 6,9% des sujets de plus de 65 ans dans la population générale et 5,4% des patients VIH+ âgés de seulement 45 ans en moyenne.

VISAGE 3 étudiera la prévalence de ce syndrome chez 900 patients VIH+ des Corevih PACA et Est.

Elle caractérisera leurs paramètres sociaux, cognitifs, biologiques, le traitement et l’ancienneté de l’infection, et évaluera l’impact de ce syndrome sur la vie des patients.


Source

- impact-sante.fr. Trois études en vue d’optimiser la prise en charge des patients VIH+ âgés. Accès réservé aux professionnels de santé

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