Incidence du VIH dans les milieux gays parisiens : des résultats préoccupants

Enquête Prévagay

Publié le 16.02.2010 | par Patricia Fener

Lancée au printemps 2009, l’enquête Prévagay avait pour but d’évaluer la séroprévalence du VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et fréquentant des établissements de convivialité gays parisiens. Depuis le début de l’épidémie, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes restent largement touchés par le VIH-sida. La situation est préoccupante en Europe et en France car les rapports homosexuels masculins restent le mode de contamination pour lequel aucune baisse des nouveaux diagnostics n’a été enregistrée depuis le début des années 2000. Parallèlement, on constate dans cette population une recrudescence des comportements sexuels à risque et une augmentation des infections sexuellement transmissibles.

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Cette enquête s’est déroulée à Paris du 28 avril au 6 juin 2009 et a été réalisée à l’initiative de l’Institut de veille sanitaire (InVS), avec le soutien scientifique et financier de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), en partenariat avec le Syndicat national des entreprises gaies (Sneg) et le Centre national de référence du VIH (Tours).

Il s’agit d’une étude transversale anonyme, basée sur le volontariat. Elle a été réalisée auprès de 917 HSH fréquentant 14 établissements de convivialité gays parisiens et a comporté un prélèvement biologique (gouttes de sang autoprélevé au bout du doigt) ainsi qu’un questionnaire comportemental.

Les premiers résultats analysés en novembre 2009 ont porté sur 886 tests VIH et questionnaires. Après validation et mise en concordance des données recueillies :
- 157 participants avaient été diagnostiqués séropositifs pour le VIH, soit une prévalence biologique de 17,7% [15,3%-20,4%] ;
- parmi ces sujets séropositifs, 80% d’entre eux connaissaient leur statut sérologique, 20% ignoraient leur séropositivité.

Les objectifs de cette enquête étaient d’estimer la prévalence du l’infection par le VIH chez les HSH fréquentant ces lieux mais également de déterminer l’incidence du VIH dans cette population, c’est-à-dire le nombre de nouvelles infections par an.
Grâce à l’utilisation du test d’infection récente sur ces prélèvements, le taux d’incidence du VIH a été estimé dans cette population à 7,5 cas pour 100 personnes par an (intervalle de confiance à 95% : 4,5-10,5).
Ce qui revient à dire que parmi 100 HSH séronégatifs, plus de 7 personnes se contaminent en une année (entre 4,5 et 10,5 si on tient compte de l’intervalle de confiance). La transmission du VIH est donc très élevée au sein de cette population.
Cette incidence de 7,5% est beaucoup plus élevée que l’incidence du VIH pour l’ensemble de la population homosexuelle en France qui est de 1%.

Au vu de ces résultats, il apparaît donc que les HSH fréquentant les établissements de convivialité gays parisiens constituent un groupe spécifique "à haut risque", non représentatif de l’ensemble de la population des HSH en France. Comme le recommande la Haute autorité de santé, cette population pourrait se voir offrir, selon une fréquence régulière, un test de dépistage du VIH. Des actions de prévention "spécifiques et novatrices" devraient également être menées dans ces établissements dans un but de de sensibilisation.

Source :
- Prévagay
- HAS : Dépistage de l’infection par le VIH en France. Stratégies et dispositif de dépistage. Octobre 2009
- AnRs

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