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Infection à VIH/sida : identification de trois régions du génome impliquées dans le contrôle de la maladie

Publié le 19.01.2009 | par Patricia Fener

Le séquençage d’une partie du génome de patients infectés par le VIH-1 a permis l’identification de trois régions impliquées dans la réplication du VIH et dans la constitution du réservoir viral. Cette découverte est le résultat de la coopération entre plusieurs équipes (Faculté de médecine Paris Sud, CHU Pitié-Salpêtrière, Necker, Kremlin-Bicêtre, Hôpital Paul Brousse, Inserm U882, 802, 543) ayant participé au programme de recherche « génomique » de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS).

Grâce à la plate-forme de génotypage à haut débit installée au sein de la faculté de médecine Paris VI à l’hôpital de la Pitié- Salpétrière, il est désormais possible d’avoir accès à des centaines de milliers de séquences du génome d’un grand nombre de personnes. Il s’agit d’un énorme progrès car jusqu’à présent, la recherche en génétique consistait essentiellement à cibler un « gène candidat » et à tenter de déterminer son influence vis-à-vis d’une pathologie. En ce qui concerne l’infection à VIH/sida, on a ainsi pu montrer qu’une mutation sur un gène codant pour un récepteur au virus à la surface des cellules de l’hôte, CCR-5, pouvait ralentir l’évolution de la maladie.

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Génome du VIH

Les données ayant permis cette nouvelle découverte sont issues de la cohorte de patients ANRS “Primo CO 06”, comprenant 605 patients récemment infectés et de la cohorte de patients contrôleurs du VIH “ANRS EP 36”, infectés depuis plus de dix ans mais ne développant pas la maladie. Les chercheurs ont procédé à l’analyse des liens pouvant exister entre les variations génétiques mises en évidence lors du séquençage et les quantités d’ARN viral plasmatique et d’ADN viral présent dans les lymphocytes. L’ADN viral indique le niveau du réservoir viral, c’est à dire du stock de virus demeurant à l’intérieur des cellules CD4 du malade. L’ARN viral plasmatique quant à lui correspond au nombre de virus circulants et permet d’évaluer l’activité de réplication du virus de l’immunodéficience humaine.

Trois régions du génome humain ont été identifiées comme ayant une influence sur l’un des deux indicateurs étudiés :
- une région située sur le chromosome 6 (en particulier le complexe majeur d’histocompatibilité de classe 1) qui est associée à un faible taux d’ARN viral lors de la primo-infection, traduisant un bon contrôle de la réplication virale par l’organisme ;
- deux régions situées sur les chromosomes 8 et 17 qui sont associées à un taux d’ADN viral bas, c’est à dire à une constitution lente du réservoir.

Il convient maintenant de s’attacher à identifier les gènes présents dans ces régions chromosomiques et impliqués dans le contrôle de la réplication du virus dans le sang et de son intégration dans les lymphocytes CD4. Cette avancée dans la compréhension des mécanismes de progression de l’infection à VIH vers le stade sida permettra sans doute, à terme, de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques ou vaccinales.

Source :
- ANRS

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