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Infection à VIH/sida dans les pays en développement : intérêt d’un pèse-personne pour le suivi des patients sous antirétroviraux

Publié le 11.05.2009 | par Patricia Fener

Une étude publiée récemment dans la revue “AIDS” évalue l’intérêt d’utiliser dans les pays en développement le gain de poids comme critère de surveillance des patients infectés par le VIH sous traitement antirétroviral. L’accès aux tests de laboratoire étant limité, il devient en effet important d’identifier des outils simples pour évaluer la progression de la maladie. Le gain ou la perte de poids représente un facteur de suivi facilement quantifiable et peu coûteux.

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L’étude de cohorte menée entre 2001 et 2007 par l’unité d’Epidémiologie des maladies émergentes, dirigée par Arnaud Fontanet à l’Institut Pasteur, a porté sur des patients adultes infectés par le VIH et bénéficiant d’un traitement antirétroviral : 2 541 Cambodgiens et 2 618 Kenyans. Tous étaient inclus dans des programmes de Médecins Sans Frontières conduits à Pnomh Penh, au Cambodge, et à Homa Bay, au Kenya. Le suivi a été de deux ans et demi, en moyenne.

L’objectif était d’identifier les facteurs associés aux modifications pondérales et d’évaluer la valeur pronostique du gain de poids après trois et six mois de traitement antirétroviral, respectivement sur la mortalité entre 3 et 6 mois et entre 6 et 12 mois. Le but étant de définir si la prise de poids peut être utilisée comme outil de suivi chez les patients sous antirétroviraux.

L’étude montre que chez les patients ayant débuté un traitement antirétroviral et atteints de malnutrition modérée à sévère (soit près d’une personne sur deux dans les cohortes étudiées), le gain de poids est fortement lié à la survie.
- En effet, 3 mois après le début du traitement, les patients présentant un gain de poids inférieur ou égal à 5% ont 6 fois plus de risque de mourir dans les 3 mois suivants qu’un patient dont la prise de poids dépasse les 10% ; et ceux ayant un gain de poids inférieur ou égal à 10%, 3 fois plus de risque.
- Après 6 mois de traitement antirétroviral, la prise de poids apparaît également être un facteur pronostic de mortalité ; le taux de mortalité était 7 fois plus important pour les personnes montrant un gain pondéral inférieur ou égal à 5%, comparées à celles ayant un gain de poids supérieur ou égal à 10%,

L’intérêt de cette valeur pronostique obtenue par la mesure du gain de poids est qu’elle est « universelle », valable quels que soient le sexe du patient, le stade clinique lors de l’initiation du traitement antirétroviral, le taux de lymphocytes CD4 en début de traitement et le type de traitement.

Chez les patients ayant un gain de poids insuffisant au bout de 3 ou 6 mois de traitement, des explorations complémentaires doivent être programmées afin de diagnostiquer notamment la présence d’une maladie opportuniste. La tuberculose doit être tout particulièrement recherchée, car elle est une des causes principales de décès chez les patients infectés par le VIH dans les pays en développement. Un trop faible gain de poids peut également indiquer une mauvaise compliance du patient au traitement.

Les auteurs pensent que " Des études complémentaires dans d’autres pays sont nécessaires pour confirmer que ces résultats peuvent être généralisés à d’autres lieux ", et précisent que ces résultats ne constituent en aucun cas un plaidoyer en faveur d’une prise en charge minimaliste des patients sous antirétroviraux dans les pays en développement. Ils précisent que le comptage des lymphocytes CD4 et la mesure de la charge virale restent les deux paramètres essentiels pour la surveillance des patients, et que tout devrait donc être fait pour rendre ces tests accessibles dans les pays aux ressources limitées. En attendant une généralisation de ces tests, "des outils de suivi simples comme la mesure du poids, peuvent être une aide précieuse et ne devraient pas être négligés s’ils peuvent apporter aux personnels de santé des informations significatives sur les patients. "

Dans la presse scientifique :
Weight gain at 3 months of ART is strongly associated with survival : evidence from two developing countries”.
AIDS, 10 avril 2009
Yoann Madec, Elisabeth Szumilin, Christine Genevier, Laurent Ferradini, Suna Balkan, Mar Pujades, Arnaud Fontanet

Source :
- Institut Pasteur

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