Influence de la génétique sur la prise en charge du patient infecté par le VIH

Publié le 15.04.2013 | par Patricia Fener

Des chercheurs de l’Inserm (UMRS 945, UF d’histocompatibilité et immunogénétique, département d’immunologie, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France) font le point sur la découverte de gènes impactants dans la prise en charge des patients VIH+, tels ceux du co-récepteur CCR5 et certains gènes du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) (HLA-B, HLA-C).

De toutes ces découvertes, seulement certaines ont conduit à une amélioration de la prise en charge du patient infecté par le VIH
La connaissance de l’allèle HLA B*57:01 [1] en est la plus forte illustration permettant ainsi l’instauration du traitement par l’Abacavir avec une meilleure maîtrise des risques associés.
S’ajoute récemment la première guérison de la maladie VIH, grâce à une greffe de cellules souches hématopoïétique (CSH) avec un donneur homozygote pour une mutation invalidante du gène CCR5 (CCR5Δ32).

Les études GWAS (Genome-wide association studies ) montrent l’implication de régions génomiques spécifiques sur la sévérité et la susceptibilité de la maladie VIH mais également dans d’autres infections virales chroniques
On peut citer l’exemple du virus de l’hépatite C (VHC), pour lequel seul le polymorphisme de certains gènes de l’immunité innée serait à l’origine des variabilités phénotypiques de la maladie (guérison spontanée, réponse au traitement et l’évolution vers la fibrose hépatique).

Au cours d’une infection par le virus de l’hépatite B (VHB), seule la variabilité commune des molécules HLA de classe II (très probablement des molécules DPB1 impliquées dans la réponse adaptative) serait à l’origine d’un phénomène conduisant à l’éradication du virus et donc à une guérison spontanée.

On attend donc beaucoup des études GWAS et des futures méta-analyses qui, on peut l’espérer, apporteront de nouveaux arguments en faveur de l’influence de la génomique sur la variabilité de la réponse antivirale.


Source

1. Bouthemy C, Nel I, Oudot Mellakh T, Theodorou I. L’apport de la génétique de l’hôte dans la maladie VIH. Pathologie Biologie. 2013 ;61(1):17‑20.
2. HAS. Détection de l’allèle HLA B*5701 préalable à la prescription d’Abacavir. ; 2009. Available at : http://www.has-sante.fr/portail/upl.... Consulté le avril 15, 2013.

[1] Le portage de l’allèle HLA-B*5701 est associé à un risque significativement majoré de réaction d’hypersensibilité à l’abacavir. La force de cette association – au sein des études réalisées - semble plus particulièrement importante dans les sous–groupes de patients d’origine caucasienne ; mais reste moins documentée chez les populations noncaucasiennes.
Source : HAS,"Détection de l’allèle HLA B*5701 préalable à la prescription d’Abacavir"

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