Inhibition du transfert du VIH aux lymphocytes T CD4 : une nouvelle molécule à l’étude

Publié le 24.03.2010 | par Claire Criton

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Une molécule inhibant le transfert du VIH aux lymphocytes T CD4+

Par sa capacité à inhiber le transfert du VIH aux lymphocytes T CD4+, une nouvelle molécule mise au point par des chercheurs du CNRS s’avère très prometteuse. Son mécanisme d’action consiste à saturer le récepteur DC-SIGN utilisé par le virus pour se faire transporter dans l’organisme. Ce composé semble très prometteur dans la lutte contre le sida.



Des chercheurs de l’Institut de Biologie Structurale (CNRS /Université Joseph Fourier/CEA) ont travaillé sur un récepteur, nommé DC-SIGN, qui se trouve à la surface des cellules dendritiques. Cette nouvelle cible thérapeutique leur a permis la mise au point d’un composé aux propriétés antivirales.

DC-SIGN, une lectine utilisée par le VIH pour se faire transporter dans l’organisme

DC-SIGN (dendritic cell-specific ICAM-3 grabbing non-integrin) est une lectine exprimée à la surface des cellules dendritiques et des macrophages. Impliqué dans les phases initiales de l’infection par le VIH, ce récepteur est une cible thérapeutique potentielle qui n’a pas encore été étudiée.

Le VIH utilise DC-SIGN pour se faire transporter jusqu’aux lymphocytes T qu’il va infecter. Il s’attaque en particulier aux lymphocytes T CD4+, cible principale utilisée par le virus pour sa multiplication.

Une molécule tétravalente, inhibant le transfert du VIH aux lymphocytes T CD4+

La molécule mise au point par les chercheurs possède quatre groupes fonctionnels imitant les oligosaccharides des pathogènes. Elle est reconnue par DC-SIGN, empêchant ainsi le VIH d’utiliser ce récepteur pour voyager jusqu’aux organes lymphoïdes.
Elle présente des propriétés intéressantes :
- une haute solubilité dans les milieux physiologiques ;
- une cytotoxicité négligeable ;
- un effet longue-durée : même après lavage des cellules, l’effet bloquant perdure plusieurs heures ;
- une structure simple permettant d’envisager facilement une production à grande échelle.

L’efficacité de cette nouvelle molécule est, pour l’instant, démontrée in vitro. Des études précliniques menées sur des modèles animaux devraient suivre. Un brevet a été déposé par le CNRS et l’Université Joseph Fourrier. La formulation de ce composé sous forme de gel pourrait aboutir à la mise au point d’un nouveau microbicide anti-VIH.


Pour en savoir plus

-  Inhibition of DC-SIGN-Mediated HIV Infection by a Linear Trimannoside Mimic in a Tetravalent Presentation . Sattin S, Daghetti A, Thépaut M, Berzi A, Sánchez-Navarro M, Tabarani G, Rojo J, Fieschi F, Clerici M, Bernardi A. ACS Chem Biol. 2010 Mar 19 ;5(3):301-12.

- Communiqué de presse du CNRS

-  DC-SIGN : un récepteur viral à large spectre = DC-SIGN : a multi-task viral receptor  ; LOZACH P-Y ; NOBILE C ; ALTMEYER R ; SCHWARTZ O ; Virologie, 2004, vol. 8, no2, pp. 113-124

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