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Initiation du traitement antirétroviral chez les patients infectés par le VIH en Afrique de l’Ouest : évolutions entre 1996 et 2006

Publié le 24.08.2010 | par Patricia Fener

Une étude de grande envergure, menée en Afrique de l’Ouest auprès de 12 centres de prise en charge des patients VIH+, regroupés au sein de la IeDEA West Africa, a permis de montrer que la mise à disposition du traitement antirétroviral est devenue une réalité dans cette région du monde mais que malheureusement la prise en charge reste encore souvent trop tardive, voire inexistante.

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VIH,Afrique de l’Ouest ;Wikimedia commons ; Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license

IeDEA West Africa, collaboration ayant permis cette étude
Les données ont été recueillies dans 12 centres cliniques adultes [1] de prise en charge des patients VIH+, regroupés au sein de la IeDEA West Africa (International Epidemiologic Databases to Evaluate AIDS in West Africa), réseau collaboratif initié en juillet 2006. Ces centres cliniques recevant des adultes infectés par le VIH étaient localisés dans cinq pays : le Sénégal, le Mali, la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Bénin. Depuis, d’autres pays ont intégré la collaboration, à savoir le Burkina-Faso et le Nigeria.

Objectifs de cette collaboration  :
- améliorer les capacités des systèmes d’information pour un meilleur suivi des patients infectés par le VIH sous traitement antirétroviral (TARV) ;
- mieux appréhender l’épidémiologie de l’infection à VIH dans cette région du monde.

Analyse des dossiers issus de la base de données de IeDEA West Africa
Un total de 17.291 patients sous TARV figuraient dans la base de données de la collaboration IeDEA West Africa au 30 juin 2008. Seul les patients âgés de 16 ans et plus dont le sexe, la date de naissance et la date d’initiation du TARV étaient connus ont été inclus dans cette étude.

L’analyse des données est la suivante :
- Quatorze mille quatre-cent-quatre-vingt-seize patients avaient débuté un TARV entre 1996–2006, avec 55 % des patients l’ayant démarré entre 2005–2006.
- La proportion de femmes était de 46 % en 1996–2000 et de 63 % en 2005–2006, mettant bien évidence la tendance à la féminisation de l’épidémie de VIH.
- L’âge médian lors de la mise sous traitement était constant, soit 35 ans chez les femmes et 40 ans chez les hommes.
- La proportion de patients ayant débuté le TARV avec un taux de CD4 inférieur à 200 cellules par microlitre était de 54 % en 1996–2000 et de 64 % en 2005–2006. Cette absence d’amélioration pose le problème du diagnostic fait trop tardivement et qui explique la mortalité initiale très élevée lors de la mise sous traitement antirétroviral. Cette prise en charge trop tardive peut être due à l’existence de barrières culturelles, au manque d’information, mais également au déficit en infrastructures et en personnel.
- Les combinaisons thérapeutiques les plus prescrites étaient :

  • Au cours des années 1996 à 2000, l’association de deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase reverse (INRT) et un inhibiteur de protéase (IP) dans 45,7 % des cas, avec comme régimes les plus prescrits : (AZT Zidovudine + 3TC Lamivudine) dans 13,6% des cas ou (d4T [stavudine, Zerit]/ddI [didanosine, Videx])/IDV Indinavir dans 13,6% des cas.
  • En 2003–2004, la combinaison d4T (ou AZT)/3TC/EFV efavirenz était initiée chez 46,8% des nouveaux patients ;
  • En 2005–2006, l’association d4T/3TC/NVP névirapine a été prescrite chez 48,6% des nouveaux patients.

La prescription des traitements de première ligne recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comprenant deux inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase (INRTI) et un inhibiteur non nucléosidique de la reverse transcriptase (INNRTI), a progressivement augmenté, passant de 30,7% des patients en 1996-2000 à 85,6% en 2005-2006.

Malgré de réels progrès dans l’accès aux traitements antirétroviraux, il apparaît au vu de cette étude que de gros efforts restent à faire pour améliorer les délais de prise en charge de ces patients infectés par le VIH en Afrique de l’Ouest. Des études socio-comportementales pourraient aider à comprendre certains facteurs limitant le patient dans sa démarche d’accès au dépistage et au traitement.

Mots-clés : VIH, Afrique de l’Ouest, traitement antirétroviral, antirétroviraux, accès au traitement


Sources :
-  Évolution des conditions d’initiation du traitement antirétroviral des patients infectés par le VIH en Afrique de l’Ouest
J. Bashi, E. Balestre, E. Messou, M. Maiga, P.A. Coffie, D.M. Zannou, O. Ba-Gomis, H.A. Traore, S. Eholie, A. Minga, P.S. Sow, E. Bissagnene, F. Dabis, D.K. Ekouevi and pour la collaboration IeDEA West Africa
Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 40, Issue 8, August 2010, Pages 449-455
-  OMS  : Traitement antirétroviral de l’infection à VIH chez l’adulte et l’adolescent en situation de ressources limitées
Recommandations pour une approche de santé publique
(révision 2006)
-  OMS  : Traitement antirétroviral de l’infection à VIH chez l’adulte et l’adolescent (novembre 2009)
-  IeDEA  : International epidemiological Database to Evaluate AINDS

[1] Localisations géographiques de ces 12 centres cliniques adultes
• à Dakar, au Sénégal, la participation d’un centre clinique de recherche (la cohorte ANRS 1215), qui est une cohorte fermée et du service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) du CHU de Fann ;
• à Banjul en Gambie, la participation d’un centre public soutenu par le Medical Research Center (MRC) ;
• à Cotonou au Bénin, la participation du service de médecine interne situé au sein du CHU de Cotonou ;
• à Bamako au Mali, la participation de deux services hospitaliers situés au CHU du point G et au CHU Gabriel Touré ;
• à Abidjan en Cote d’Ivoire, six centres cliniques participent à cette collaboration dont un service hospitalo-universitaire.

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