Journée de la femme 2011 : focus sur les femmes confrontées au VIH dans les pays en voie de développement

Publié le 08.03.2011 | par Patricia Fener

Nous fêtons aujourd’hui le 100e anniversaire de la Journée internationale de la femme qui a pour thème cette année "Femmes, Présence indispensable". A côté des nombreuses manifestations prévues à cette occasion, et plus précisément dans le contexte de l’infection à VIH, il faut citer la parution de l’ouvrage publié par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), intitulé « Les femmes à l’épreuve du VIH dans les pays du Sud ».

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VIH, femmes, pays en voie de développement ;Wikimedia commons

Une compilation d’études épidémiologiques, démographiques et sociologiques dans les pays en voie de développement
L’objet d’étude de cet ouvrage, le sort particulier des femmes face au VIH/sida dans les pays dits en voie de développement, a pu être exploré grâce à plusieurs études épidémiologiques, démographiques et sociologiques réalisées au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Thaïlande.

Les femmes « semblent tirer davantage profit que les hommes des systèmes de santé et plus globalement des services proposés aux personnes vivant avec le VIH, grâce notamment :
- aux programmes de prévention de la transmission mère-enfant (PTME) par l’intermédiaire desquels elles ont un accès plus facile au dépistage et aux traitements antirétroviraux quand cela est possible ;
- aux responsabilités sociales engendrées par leur rôle de mère qui les incitent à consulter davantage.

Malheureusement, il existe encore beaucoup de limites :
- Le partage du statut sérologique vis à vis du VIH
Au Burkina Faso la révélation de son statut sérologique à son conjoint, est plus difficile pour les femmes que pour les hommes (33% versus 67%). De même, les femmes restent beaucoup plus ignorantes quant au statut sérologique de leur conjoint : 22 % des femmes connaissaient celui de leur partenaire le plus récent, contre 60 % des hommes.
Ces comportements entraînent une plus grande vulnérabilité des femmes vis à vis du VIH.

- Peu de soutien dans certains domaines comme la contraception, la prise en charge des pathologies féminines en relation avec le VIH ou la gestion des soins au sein de leurs familles dont elles assument souvent seules la responsabilité. De façon générale les spécificités des femmes et leur expérience restent encore insuffisamment reconnues.

- Une vulnérabilité accrue par une pression sociale sur les hommes qui limite ou retarde le recours au dépistage et au traitement.

Des voies de réflexion pour la mise en oeuvre de nouvelles politiques d’action :
- des avancées incontestables dans le dépistage et la prise en charge thérapeutique de l’infection à VIH chez la femme mais qui sont à poursuivre ;
- la nécessité d’une prise de conscience du poids de la prévention et des soins porté principalement par les femmes au sein de leurs familles ;
- le besoin d’une reconnaissance des spécificités féminines, de leurs demandes et surtout de leur contribution aux soins et à la prévention ;
- une prise en compte de la vulnérabilité sociale des hommes qui ne fait qu’aggraver celle des femmes.


Source :
-  ANRS  : "Les femmes à l’épreuve du VIH dans les pays du Sud"
-  JIM  : Sida : les femmes des pays pauvres s’en sortiraient (un peu) mieux que les hommes

Pour en savoir plus :
-  ONU  :journée internationale de la femme

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