L’UNICEF se mobilise contre le VIH chez la femme enceinte et chez le nouveau-né

Publié le 04.06.2009 | par Patricia Fener

L’ONUSIDA et ses Coparrainants se sont fixés comme objectif pour la période 2009 – 2011 d’améliorer le pronostic des femmes enceintes VIH + et de prévenir l’infection chez les nouveau-nés en favorisant le dépistage et le traitements précoces. C’est dans cette optique que l’UNICEF vient de faire paraître une vidéo intitulée “Loud and Clear”, lancée dans le cadre de la campagne Unissons-nous pour les enfants, contre le sida qui montre l’importance du dépistage et du traitement précoces de l’infection à VIH/sida chez la femme enceinte.

Différentes études montrent en effet que les nouveau-nés soumis à un dépistage du VIH à six semaines et recevant un traitement au cours des 12 premières semaines de leur vie, bénéficient d’une réduction importante de la mortalité infantile due au sida, pouvant aller jusqu’à 75%.

Malheureusement, les chiffres publiés en 2007 par l’UNICEF, l’ONUSIDA et l’OMS montrent que seuls 8% des enfants nés de mère séropositive ont subi un test avant l’âge de deux mois.

Les mères infectées par le VIH+ doivent savoir qu’elles peuvent contribuer à prévenir la transmission du virus de l’immunodéficience humaine en se soumettant à un test et en se faisant soigner pendant leur grossesse.

Rappel sur la transmission mère-enfant
En l’absence de toute intervention, on estime que 15 à 30 % des femmes qui ont une infection à VIH transmettront celle-ci pendant la grossesse et l’accouchement, et dans une proportion de 10 à 20 % par l’allaitement de leur nouveau-né.
La transmission du VIH d’une femme enceinte infectée par ce virus à son enfant nouveau-né est qualifiée de transmission mère-enfant, périnatale, ou verticale du VIH.
L’infection de l’enfant par le VIH peut survenir pendant la gestation, pendant l’accouchement (lorsque le fœtus entre en contact avec la muqueuse et le sang maternel dans la filière pelvi-génitale), ou après l’accouchement lors de l’allaitement maternel.
En l’absence de mesures prophylactiques, le risque de transmission est de 15 % en Europe et 30 à 40 % en Afrique, principalement en période néonatale (fin de grossesse, accouchement) ; le risque est majoré par la gravité de la maladie de la mère, et minoré par l’administration de zidovudine chez les mères non antérieurement traitées et par l’accouchement par césarienne programmée. Ces deux mesures associées amènent le risque de transmission à 1-2 %.
De plus, la transmission par l’allaitement maternel étant avérée, celui-ci doit être interdit dans la mesure du possible.

La transmission mère-enfant est la première cause d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez l’enfant.
Le mécanisme de cette transmission, plus particulièrement au cours de la grossesse, est à ce jour encore mal défini. Les cellules trophoblastiques du placenta sont considérées comme une cible potentielle du rétrovirus ou serviraient éventuellement au passage du VIH vers le foetus (transcytose c’est-à-dire passage du virus dans la cellule sans l’infecter). Le processus de transmission du VIH (par infection directe ou transcytose) serait favorisé, ou encore inhibé, par des facteurs liés à la fois au phénotype viral et à l’environnement cellulaire.

Chez les femmes non allaitantes, environ 25% à 35% des transmissions se font pendant la grossesse, dont 95% dans les deux derniers mois, et 65% à la délivrance.
Une étude a montré qu’une transmission du VIH à la fin du second trimestre entraîne la mort du fœtus et l’avortement avec une prévalence de transmission de 11.1% chez les femmes ayant un taux plasmatique d’ARN VIH-1 (charge virale) de 100 000 copies par ml et de 3.1% chez celles ayant un taux inférieur à 100 000 copies par ml.
La durée médiane estimée entre la naissance et l’apparition des marqueurs viraux est de 10 jours ; le 95ème percentile est estimé à 56 jours ce qui implique que l’infection à VIH chez le nouveau-né, contractée durant la grossesse ou l’accouchement, peut être diagnostiquée pendant les trois premiers mois de vie. Il faut donc attendre la fin du premier trimestre de vie pour écarter formellement une transmission verticale chez le nouveau-né de mère infectée.

Certains facteurs peuvent augmenter le risque de transmission de la mère au fœtus ou au nouveau-né : des facteurs liés à la mère, des facteurs obstétricaux, des facteurs liés au nouveau-né et des facteurs liés à l’allaitement.

Situation dans le monde
Il semble que depuis le lancement de la campagne mondiale Unissons-nous pour les enfants, contre le sida, en 2005, des progrès considérables aient été accomplis dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et dans la fourniture de traitements pédiatriques pour les nouveau-nés séropositifs.

La proportion de femmes enceintes séropositives ayant bénéficié d’un traitement antirétroviral est passée à 33% en 2007, alors qu’elle était seulement de 10% en 2004.

La situation des pays en voie de développement reste toujours préoccupante, avec une insuffisance de dépistage et de traitement fortement préjudiciable pour la mère et l’enfant. De plus, il s’avère que pour une majorité de femmes enceintes diagnostiquées positives pour l’infection à VIH, l’accès aux soins et aux traitements antirétroviraux est difficile voire impossible.

En ce qui concerne les enfants, selon les estimations de l’ONUSIDA et de l’OMS 370 000 jeunes de moins de 15 ans ont été infectés en 2007, soit environ 1 000 par jour, et 270 000 sont décédés, avant cinq ans pour la plupart. Parmi les jeunes infectés en 2007, moins de 200 000 ont bénéficié d’un traitement antirétroviral. En outre, de récentes études indiquent que l’âge moyen auquel les enfants commencent ce traitement se situe entre cinq et neuf ans, ce qui est souvent trop tard pour en tirer les effets optimum.

Source :
- ONUSIDA

- UNICEF

Pour en savoir plus :
- UNAIDS : Joint action for results

- La sexualité et la grossesse de la femme confrontée au VIH/sida

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