L’accès à une éducation de qualité protège contre le VIH

Publié le 03.08.2009 | par Claire Criton

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Unesco ;

Bien planifiée et mise en œuvre, l’éducation relative au VIH est associée à un recul de l’âge des premières relations sexuelles, à une réduction du nombre de partenaires sexuels et à un usage plus répandu et plus systématique du préservatif. Elle contribue également à une amélioration des attitudes envers les personnes vivant avec le VIH et peut réduire la stigmatisation et la discrimination. L’UNESCO et l’ONUSIDA viennent de publier un document qui fait le point et offre un cadre stratégique dans le rôle crucial que doit jouer l’éducation dans la réponse au VIH/sida.

L’éducation est facteur d’autonomisation. Elle facilite l’acquisition et l’utilisation de savoirs, de compétences, d’attitudes et de comportements indispensables à des modes de vie sains. Outre qu’elle soutient l’apprentissage tout au long de la vie, elle renforce également la responsabilité publique, promeut le dialogue intergénérationnel et se traduit par un meilleur recours aux services disponibles, notamment à la protection sanitaire et sociale.

L’éducation peut porter remède aux situations sociales, culturelles et économiques qui contribuent à une plus grande vulnérabilité ; elle peut aussi modifier les comportements qui suscitent, accroissent ou perpétuent le risque d’infection par le VIH. Lorsqu’elle est bien planifiée et mise en œuvre, l’éducation relative au VIH est associée à un recul de l’âge des premières relations sexuelles, à une réduction du nombre de partenaires sexuels et à un usage plus répandu et plus systématique du préservatif. Elle contribue également à une amélioration des attitudes envers les personnes vivant avec le VIH et peut réduire la stigmatisation et la discrimination.

Pour assurer un véritable accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH, des stratégies globales sont nécessaires, qui supposent des approches fondées sur les droits et reposant sur des éléments probants, l’inclusion des communautés affectées et une attention aux facteurs structurels et sociaux favorisant l’épidémie, tels que l’inégalité entre les sexes ou la stigmatisation et la discrimination.

Ce que l’éducation peut faire

La Campagne mondiale pour l’éducation (CME) a estimé que l’enseignement primaire universel préviendrait chaque année 700 000 nouvelles infections. Une éducation de bonne qualité, axée sur l’autonomisation, dispensée dans des environnements sains et protecteurs et créant un espace de soutien au sein de la communauté peut avoir une incidence durable pour réduire la vulnérabilité et les comportements sexuels à risque. Elle peut, à cette fin, dispenser une information et des compétences et mettre en place des valeurs qui permettent aux jeunes de prendre des décisions saines pour ce qui concerne leur vie, renforcer le réseau de liens et la sécurité des jeunes et donner à ces derniers la possibilité de faire des choix indépendants et d’être économiquement productifs.

- l’accès à une éducation de qualité protège contre le VIH ;
- l’éducation réduit considérablement la vulnérabilité des filles ;
- plus le niveau d’éducation est élevé, plus grands sont les bénéfices ;
- l’éducation peut atteindre ceux qui ne sont pas à l’école ;
- l’éducation relative au VIH et au SIDA a une incidence sur les connaissances, les compétences et les comportements liés au VIH ;
- l’éducation peut réduire la stigmatisation et la discrimination ;
- l’éducation offre un moyen de prévention du VIH qui présente un très bon rapport coût/efficacité.

Comment y parvenir ?

- accroître et à améliorer la scolarisation au moyen d’actions clés consistant notamment à :

  • faire en sorte que les enfants aient accès à des possibilités d’apprentissage dès leur jeune âge ;
  • concevoir et mettre en œuvre des programmes scolaires de bonne qualité et pertinents compte tenu des besoins des individus et de la société et du contexte local ;
  • améliorer la formation des enseignants et le soutien qui leur est apporté afin d’améliorer la prestation d’éducation de base et de favoriser un enseignement qui tienne compte du genre ;
  • supprimer les obstacles financiers à l’éducation, par exemple en supprimant les droits de scolarité et en réduisant les coûts cachés (comme ceux qui sont liés aux livres et aux uniformes) ;
  • améliorer l’environnement scolaire pour rendre les écoles plus sûres et plus propres à soutenir leurs élèves ;
  • renforcer la gestion et l’encadrement ;
  • établir une relation de travail forte entre les écoles et les communautés.

- introduire des mesures spécifiques, adaptées à la réalité de l’épidémie, comme la mise en place d’une éducation relative au VIH et à la sexualité et, là où l’épidémie est généralisée et hyperendémique, la participation de l’école à l’information des parents et des apprenants sur le traitement, la prise en charge et l’appui en matière de VIH.

Conclusion

Ce document de l’UNESCO est un appel au plaidoyer et à l’action en vue d’un engagement renouvelé et intensifié en faveur de la réponse éducative à l’épidémie de VIH/sida.

Voir en ligne

-  "Une Approche stratégique : Le VIH & SIDA et l’éducation "  ; ONUSIDA. UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture), 2009, 55 pages.

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