L’anRs fait le point sur son programme de recherche vaccinale sur le VIH/sida

Publié le 15.10.2009 | par Patricia Fener

Depuis 2006, l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (anRs) a renouvelé son programme de recherche vaccinale et diversifié ses candidats-vaccins, travaillant en partenariat avec les laboratoires internationaux les plus en pointe dans ce domaine, tels que le Baylor Institute et la société Transgène. La conférence internationale AIDS VACCINE 2009 que l’ANRS co-organise avec la Global HIV Vaccine Enterprise, à Paris du 19 au 22 octobre, sera l’occasion de faire le point sur les différents essais en cours.

L’anRs développe plusieurs types de candidats-vaccins, avec pour objectif d’associer plusieurs candidats-vaccins différents afin d’optimiser les réponses immunitaires dans une stratégie dite de « prime boost ».
Les combinaisons « prime boost » consistent à immuniser avec un antigène lors d’une première injection, le plus souvent un vaccin ADN, et de pratiquer ensuite une injection de rappel (« boost ») avec un autre antigène, le plus souvent protéique. Il semblerait que cette stratégie de « prime boost » soit très efficace pour stimuler la réponse immunitaire.

L’anRs a fait le choix d’administrer un de ses candidats-vaccin, les lipopeptides, en « boost ».

Les lipopeptides

Ce candidat vaccin a fait l’objet de sept essais cliniques.

Les lipopeptides sont constitués de fragments synthétiques de protéines du VIH (épitopes de protéines virales Gag, Pol, Nef qui sont communs à un grand nombre de souches VIH circulant dans le monde), associés à des lipides qui favorisent leur pénétration au coeur des cellules.

Les avantages des lipopeptides sont :
- une bonne tolérance lors des essais cliniques ;
- l’induction de réponses cellulaires (CD8) fortes dirigées contre plusieurs fragments du VIH chez un nombre significatif de personnes vaccinées.

L’anRs présentera lors de la conférence AIDS Vaccine 200 les résultats de l’essai ANRS VAC 18 évaluant l’immunogénicité de différentes doses de lipopeptides chez des volontaires.

Les vaccins à virus recombinant

L’anRs a confié le développement d’un vaccin à virus recombinant à la société Transgène, société bio-pharmaceutique dont la stratégie de développement des vaccins repose sur la qualité de sa plate-forme technologique pour le transfert de gènes.
Ce vaccin à virus recombinant est constitué d’un vecteur, le MVA (virus Ankara modifié, non pathogène) dans lequel ont été insérés des gènes synthétiques du VIH. Dans l’organisme, le vaccin fait fabriquer aux cellules les protéines codées par les gènes, stimulant ainsi l’immunité cellulaire afin de détruire les cellules infectées.
A partir de 2010 ce candidat vaccin sera évalué chez l’homme, seul et en combinaison avec des lipopeptides.

Par ailleurs, l’anRs a noué un partenariat avec la Fondation EuroVacc avec laquelle elle participe, depuis 2007, à un essai de phase II. La Fondation EuroVacc, à but non lucratif, a été créée en 2002. Elle vise à faciliter la collaboration européenne dans le développement de vaccins, à coordonner les efforts européens et à recueillir des fonds pour le financement de la recherche fondamentale et clinique en vue d’accélérer le développement d’un vaccin sûr et efficace contre l’infection par le VIH. La Fondation se charge également de promouvoir des programmes d’enseignement et de formation relatifs au développement de vaccins dans le monde.
L’essai anRs Vac 20/EV03 compare deux schémas d’immunisation combinant deux candidats vaccins, un vaccin à ADN nu qui contient les gènes codant pour certaines protéines du VIH, et un vaccin à virus recombinant, le NYVAC (vaccin atténué du virus de la vaccine) dans lequel sont insérés les mêmes gènes. Ces deux candidats vaccins sont conçus par EuroVacc.
Les premiers résultats de cette combinaison sont encourageants et montrent l’induction de réponses T CD8 chez un grand nombre de volontaires. Cependant, ces réponses sont peu diversifiées (prédominant sur Env) posant la question de l’intérêt d’intensifier la primo-vaccination de « prime-boost »

Les candidats-vaccins centrés sur les cellules dendritiques

Pour ce type da candidat-vaccin, l’anRs travaille avec le Baylor Institute, prestigieux institut texan qui héberge l’équipe du Professeur Jacques Banchereau, découvreur des cellules dendritiques et de leur rôle de « sentinelles » du système immunitaire.

Les chercheurs ont fabriqué des anticorps monoclonaux couplés à des peptides capables de se fixer à la surface des cellules dendritiques. L’objectif est de diriger la réponse immunitaire, en cas de contact avec le VIH, sur les cellules dendritiques qui auront été « programmées » pour reconnaître le virus.

Ce candidat-vaccin est actuellement en cours de développement et fera bientôt l’objet d’études précliniques.

La recherche dans le domaine du vaccin thérapeutique

La recherche dans le domaine du vaccin thérapeutique s’adresse à des patients séropositifs, avec comme objectif de dynamiser leur système immunitaire sous traitement.

L’essai de phase I DALIA, a été lancé début 2009 aux Etats- Unis en partenariat avec le Baylor Institute. Il vise à évaluer la tolérance de l’administration de cellules dendritiques prélevées chez le patient, mises en contact avec les lipopeptides puis ré-administrées au même patient. Quatre injections sont prévues.

Un autre essai clinique est programmé pour évaluer l’efficacité d’une stratégie d’immunisation thérapeutique combinant 2 candidats-vaccins différents dans une stratégie de « prime-boost » chez des patients séropositifs : un vaccin à ADN recombinant, développé par la société FIT Biotech, associé à des lipopeptides.

Source :
- anRs

- AIDS VACCINE 2009

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