L’association paludisme et infection à VIH est nocive pour la santé de la mère et du nouveau-né

Publié le 02.11.2011 | par Claire Criton

Une étude menée au Congo semble confirmer l’impact néfaste de la coinfection paludisme et infection à VIH/sida chez la femme enceinte et son nouveau-né.

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Sida, paludisme et grossesse

La coinfection VIH/paludisme, un fardeau de plus en plus lourd supporté par l’Afrique

La coinfection VIH/paludisme est très fréquente dans les zones d’endémie palustre et de haute prévalence du VIH/sida,. Elle est donc particulièrement présente en Afrique subsaharienne où vivent plus de 67 % des malades séropositifs au VIH du monde. Le Plasmodium falciparum est l’espèce la plus répandue.

Les effets synergiques néfastes et réciproques de la coinfection

L’infection à VIH :
- augmente les risques de paludisme symptomatique et d’accès palustre simple ;
- majore la mortalité liée à cette parasitose ;
- réduit l’efficacité du traitement antipaludique.

Le paludisme entraine une augmentation de la charge virale chez le séropositif infecté.

Des conséquences chez la femme enceinte et son fœtus

L’infection par le VIH entraîne une incidence accrue des accès palustres et une augmentation de la parasitémie plasmatique et placentaire pendant la grossesse.

Le paludisme entraine une augmentation de la charge virale périphérique et placentaire chez la femme enceinte coinfectée. De plus, le paludisme entraîne une anémie traitée par transfusion, exposant les femmes enceintes et les enfants à un risque de contamination par le VIH.

La coinfection est, par conséquent, responsable d’une importante morbi-mortalité maternelle, fœtale et néonatale.

Une étude incluant 133 mères congolaises coinfectées paludisme/infection à VIH

L’étude a recruté 295 mères et leurs nouveau-nés dans sept maternités de Kinshasa en République démocratique du Congo :
- 133 mères étaient coinfectées paludisme/infection à VIH ;
- 146 étaient séropositives pour le VIH ;
- 149 étaient séronégatives pour le VIH.

L’examen anatomopathologique a permis de confirmer l’infection paludéenne placentaire.

Différents paramètres ont été étudiés :
- le poids de naissance ;
- le poids du placenta ;
- le périmètre crânien ;
- le périmètre brachial ;
- la taille ;
- l’indice de masse corporel ;
- les indices d’Apgar à la première, cinquième et dixième minute.

Les mères séropositives plus exposées à l’infection paludéenne placentaire

Dans cette étude, 91 % des femmes séropositives ont présenté une infection paludéenne placentaire, alors que seulement 53.7 % des femmes séronégatives avaient un placenta infecté par Plasmodium falciparum.

Le VIH compromettrait l’immunité au paludisme de la femme enceinte. De plus, les femmes enceintes sont exposées dans ces pays tropicaux à une transmission quasi pérenne du Plasmodium falciparum.

Un risque d’Apgar bas à cinq minutes chez le nouveau-né

10 enfants avaient un Apgar inférieur à 7 à cinq minutes et tous étaient de mères coinfectées.

Ces résultats suggèrent la nécessité d’une surveillance soutenue dans les premières heures de vie des nouveau-nés nés de mères coinfectées.

Pas de diminution importante du poids de naissance retrouvé dans cette étude

D’autres études avaient noté un poids de naissance significativement bas chez les mères coinfectées. Les auteurs pensent que le traitement antiparasitaire a pu être suffisamment efficace pour réduire l’impact sur la croissance fœtale.

La coinfection a eu une légère influence sur le poids de naissance moyen (3,033 ± 524 g vs 3,236 ± 565 g) mais cette différence n’était pas statistiquement significative.

Les autres paramètres biométriques n’ont pas été influencés par la co-infection.

L’association infection à VIH/sida et paludisme s’avère plus agressive pour le mère et le nouveau-né que les deux pathologies prises séparément. Cette étude suggère que le renforcement et la généralisation de la chimio-prophylaxie anti-paludéenne pendant la grossesse dans les régions de forte endémie palustre pourraient s’avérer efficaces.


Source

1. Modia O’Yandjo A, Foidart J-M, Rigo J. Influence de la co-infection paludéenne placentaire et VIH sur la biométrie et l’indice d’Apgar du nouveau-né à Kinshasa, République démocratique du Congo. Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction. 2011 ;40(5):460-464.


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