L’infection à VIH/sida en Europe : le bilan de L’European Center for Disease Prevention and Control (ECDC)

Publié le 30.03.2013 | par Patricia Fener

Grâce aux données épidémiologiques fournies par 29 pays, L’European Center for Disease Prevention and Control (ECDC, Stockholm) fait le point sur l’infection à VIH et sur le sida dans l’Union européenne (UE) et l’Espace économique européen (EEE).

Pas de signe de décroissance de l’infection à VIH
Durant l’année 2011, 28 038 nouveaux cas d’infection à VIH ont été déclarés, conduisant au constat que le taux annuel de diagnostics ne montre pas de signes de décroissance.

L’infection à VIH se concentre toujours dans certaines populations : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), toxicomanes par injection, avec une forte proportion de diagnostics tardifs, les "late presenters", affichant un taux de CD4 inférieur à 350 par mm3.

Une augmentation de l’incidence de l’infection à VIH dans certains pays
Malgré la disponibilité d’antirétroviraux (ARV), l’infection à VIH/sida augmente dans quelques pays.

Depuis 2008, l’ECDC coordonne la surveillance du VIH/sida dans les pays de l’UE/EEE.
En 2011 (données complètes), les résultats communiqués par 29 pays notent une incidence globale de 6,3 p. 100 000 (8,7/100 000 chez l’homme et de 2,8/100 000 chez la femme).
Les pays ayant les incidences les plus élevées sont : l’Estonie (27,3), la Lettonie (13,4), la Belgique (10,7) et le Royaume-Uni (10).
La République tchèque (1,5) et la Slovaquie (0,9) ont les incidences les plus basses.

Près de 11 % des nouvelles infections concernent les 15–24 ans et 25 % les femmes.

LES HSH et les sujets originaires d’Afrique sub-saharienne sont les plus touchés
Les HSH représentent 39 % des nouveaux diagnostics d’infection à VIH (10 885 cas, 38 % en 2010, 35 % en 2009) pour l’UE/EEE, avec des taux supérieurs à 50 % des cas dans 9 pays et supérieurs à 30 % dans 8 autres.

La transmission hétérosexuelle est en cause dans 36 % des nouvelles infections (10 118) : plus du tiers des cas concernent des sujets originaires d’Afrique sub-saharienne.
Plus de la moitié des infections acquises hétérosexuelles notées en Belgique, Suède, Royaume-Uni, Irlande et Norvège concernent des sujets originaires d’Afrique sub-saharienne. Au total 4 384 de ces cas ont été rapportés (16 %), dus à des rapports hétérosexuels (37 %) ou à une transmission mère-enfant (46 %).

Environ 5 % (1 516 cas) de nouveaux diagnostics sont dus à l’injection de drogue, mode prédominant de transmission en Lituanie et en Islande, et dans 25 % des cas en Bulgarie, Grèce, Lettonie et Roumanie.

Pour le reste des cas européens (297), 222 (1 %) ont pour étiologie une transmission mère-enfant et 75 (0,3 %) une transfusion ou une contamination nosocomiale.

Un déclin des cas de sida
Enfin, 4 424 cas de sida ont été diagnostiqués dans 28 pays, soit un taux de 0,9/100 000.

Les taux les plus élevés ont été retrouvés en Estonie (2,8), Lettonie (4,8), Portugal (2,8) et Espagne (1,8).

Depuis 2004, un net déclin (33 %) est constaté (9 195 cas, 1,9/100 000), même en tenant compte des retards de notification et des sous-déclarations.

L’incidence des diagnostics de sida a baissé dans la majorité des pays mais depuis 2004 on observe une augmentation de plus de 20 % en Bulgarie (81 %), République tchèque (77 %), Estonie (31 %), Hongrie (39 %) et Slovénie (50 %).


Source

1. J.M. Manus. VIH/sida en Europe. Revue Francophone des Laboratoires Volume 2013, Issue 450, March 2013, Pages 12. Available at : http://www.sciencedirect.com.gate1..... Consulté le mars 24, 2013.

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