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La circoncision comme moyen de prévention des infections à Herpes simplex virus de type 2 et à Papillomavirus humain

Publié le 09.04.2009 | par Patricia Fener

Une importante étude américaine de l’Université John Hopkins et des Instituts nationaux de la santé des États-Unis, publiée récemment dans le New England Journal of Medicine, a évalué l’efficacité de la circoncision comme moyen de prévention des infections à Herpes simplex virus de type 2 (HSV-2) et à Human papillomavirus (HPV) chez des adolescents et des hommes séronégatifs pour le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) lors des relations hétérosexuelles.

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Rembrandt ; “La circoncision”

De nombreuses études ont maintenant démontré que la circoncision est associée à une réduction du risque de contamination par le VIH. Cela s’explique par l’effet protecteur de la circoncision vis à vis des autres infections sexuellement transmissibles (IST), notamment celles qui provoquent des ulcères ou des érosions de l’appareil génital.
Les trois maladies sexuellement transmissibles les plus susceptibles de présenter des ulcères génitaux sont l’herpès génital, la syphilis primaire et le chancre mou.
Deux IST plus rares s’accompagnent elles aussi d’ulcérations génitales : ce sont le lymphogranulome vénérien et le granulome inguinal (donovanose).
La transmission et l’acquisition du VIH se trouvent multipliées par un facteur pouvant aller jusqu’à cinq en présence d’IST ulcératives, car celles-ci forment une porte d’entrée et de sortie opportune.

L’étude réalisée en Ouganda a porté sur 5 534 hommes de 15 à 49 ans, non circoncis et séronégatifs pour le VIH.
Parmi ces hommes, 3 393 (61,3%) étaient séronégatifs pour le HSV-2 au moment de leur inclusion dans l’étude.
Une circoncision a été réalisée immédiatement chez 1 684 d’entre eux (groupe d’intervention) et 24 mois plus tard pour les 1 709 restants (groupe contrôle).

La circoncision dans cette population rurale ougandaise a permis de réduire de 25 % l’incidence de l’infection à HSV-2 et de 35 % la prévalence de l’infection à HPV durant les 24 mois de suivi.
En ce qui concerne l’infection à Papillomavirus, la prévalence des génotypes à risque oncogène (16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 66, et 68) impliqués dans le cancer du col de l’utérus, de l’anus et du pénis, était de 18% dans le groupe d’intervention et de 27,9% dans le groupe contrôle.

Rappel sur les signes cliniques des infections à HSV-2 et à HPV  :
- Pour l’infection à Herpes simplex virus de type 2

  • L’infection primaire passe inaperçue chez plus de la moitié des patients. S’il y a des symptômes, ils peuvent apparaître trois jours à trois semaines après le rapport avec un partenaire sexuel infecté (lui-même asymptomatique en général) ; ils se manifestent par des groupes de vésicules douloureuses qui se développent en ulcérations en l’espace de quelques jours, et qui s’accompagnent souvent d’une lymphadénite inguinale douloureuse ainsi que de symptômes généraux.
    Le seul contact avec la peau ou les organes génitaux, suffit à transmettre la maladie.
  • Les récurrences de l’infection à HSV-2 varient en rythme et en intensité selon les individus. Au moment de la crise, le virus resté latent dans les ganglions lymphatiques rejoint la peau en suivant les nerfs et provoque les lésions qui se présenteront sous forme de vésicules sur le pénis, la vulve, le col de l’utérus, mais parfois également sur les fesses ou les jambes. Elles sont annoncées par une douleur locale que le patient apprend à reconnaître.
    Selon les chiffres de l’Agence nationale d’accréditation et d’evaluation en santé (ANAES) de 2001, le nombre moyen de récurrences dans l’année qui suit une primo-infection à HSV2 est de 4. Il apparait que 20 % des malades présentent plus de 10 récurrences par an. Certains patients n’en ont jamais.

- Pour l’infection à papillomavirus

  • Souvent, l’infection par le HPV ne provoque aucun symptôme.
  • Dans d’autres cas, la contamination peut se manifester par l’apparition de condylomes génitaux. Les condylomes peuvent atteindre aussi bien l’homme que la femme. Ces lésions sont bénignes et se présentent sous forme de verrues, uniques ou multiples, plus ou moins volumineuses. Ce sont des « condylomes acuminés ».
    Chez l’homme, les condylomes siègent essentiellement au niveau des zones de frottement : gland, prépuce, méat urinaire et surtout au niveau du sillon balano-préputial.
    Chez la femme, ces lésions se situent au niveau de la vulve, du vagin et du col de l’utérus.
    L’anus est souvent atteint à la fois chez l’homme et la femme.

Au vu de ces résultats qui confortent ceux observés lors d’études antérieures, les auteurs concluent que la circoncision pourrait être maintenant considérée comme un moyen efficace pour prévenir les infections à HSV-2, à HPV et à VIH lors des relations hétérosexuelles. La circoncision en effet ne diminue pas la transmission homosexuelle des infections sexuellement transmissibles. Toutefois, cette étude révèle également que cette protection n’est que partielle, et qu’il reste donc essentiel de promouvoir le safer sex (en cas de relation avec pénétration, toujours utiliser un préservatif ou un Femidom*, ne pas mettre de sperme dans la bouche, ne pas avaler de sperme, ne pas avoir de relation orale pendant les règles).

Dans la presse scientifique :
Male circumcision for the prevention of HSV-2 and HPV infections and syphilis
Tobian AA, Serwadda D, Quinn TC, Kigozi G, Gravitt PE, Laeyendecker O, Charvat B, Ssempijja V, Riedesel M, Oliver AE, Nowak RG, Moulton LH, Chen MZ, Reynolds SJ, Wawer MJ, Gray RH.
N Engl J Med. 2009 Mar 26 ;360(13):1298-309

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