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La discrimination en milieu médical, une entrave à la prévention et à la prise en charge de l’infection à VIH

Publié le 01.09.2010 | par Claire Criton

La discrimination en milieu médical entrave la prévention et la prise charge de l’infection à VIH car la relation de confiance patient–médecin est rompue. Les personnes séropositives vivant à Madagascar en souffrent comme dans beaucoup d’autres pays.

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Sida et discrimination

36% des séropositifs de l’étude étaient victimes de discrimination en milieu médical.

Une étude rétrospective, multicentrique, descriptive et analytique a été réalisée de février à août 2009 dans 17 centres hospitaliers (publics et privés) de Madagascar.

La population cible comprenait les personnes vivant avec le VIH (hospitalisées ou venant à l’hôpital pour leur consultation de suivi) et les personnels de santé travaillant dans les centres hospitaliers de l’étude.

Les personnels de santé étaient constitués par des médecins (généralistes et spécialistes), des chirurgiens, des dentistes, des étudiants en médecine et des paramédicaux (infirmiers et infirmières).

L’utilisation de matériels différents (stéthoscope, tensiomètre, thermomètre) et le refus de soigner ont été constatés.

Certains personnels de santé ont pris plus de précautions que d’ordinaire quand ils s’occupaient des personnes séropositives. Or les règles de précaution sur la prévention des risques d’accident d’exposition aux sécrétions biologiques potentiellement contaminants sont à appliquer pour tout patient quel que soit son statut sérologique.

47% des personnels de santé connaissaient mal les quatre modes de transmission du VIH (sexuel, sanguin, mère–enfant et allaitement).

Parmi les réponses fausses sur les modes de transmission, 15 % affirmaient que le VIH se transmet par la salive et 2 % par le contact.

Selon la profession, 64 % des médecins ont pu répondre correctement sur les modes de transmission, 62 % pour les paramédicaux, 50 % pour les chirurgiens et seulement 25 % pour les dentistes.

L’explication de toutes ces situations pourrait être l’insuffisance ou même l’absence des connaissances de bases en matière de VIH. À Madagascar, par exemple, c’est seulement depuis peu que l’infection au VIH est enseignée à la faculté de médecine.

La « peur d’être discriminé » s’est manifesté, entre autres, par le refus et la réticence des patients vis-à-vis des soins en milieu hospitalier.

De même, les personnes séropositives préféraient ne pas tenir au courant les personnels de santé de leur statut sérologique. Elles faisaient plus volontiers confiance à leur famille quant à ce partage de confidentialité sur leur séropositivité.

L’impact négatif de ces réactions n’est pas négligeable dans la prise en charge préventive et/ou curative de l’infection à VIH.

La lutte contre la discrimination que ce soit en milieu hospitalier ou extrahospitalier est un facteur important de la lutte contre la propagation de la pandémie VIH/sida.

Le renforcement et la remise à niveau des connaissances des personnels de santé sur l’infection à VIH à Madagascar et dans beaucoup d’autres pays pourraient améliorer la prise en charge des patients séropositifs confrontés à la discrimination dans ces pays.

En France aussi, le cadre médical reste le premier domaine de discrimination dans la vie sociale des personnes séropositives.

- Une enquête du CRIPS a montré, qu’en 2007, près d’une personne sur deux déclarait avoir été discriminée en raison de son statut sérologique, une sur quatre avoir renoncé à une consultation, un examen médical ou un soin et environ une sur trois avoir tu son statut sérologique.

Plusieurs types de discriminations étaient observés : refus de soins, propos ou attitudes désobligeants voire non-respect du secret médical.

Les femmes étaient davantage l’objet de discriminations dans le milieu médical que les hommes. Cette situation semble être liée aux consultations gynécologiques et aux représentations encore souvent hostiles du personnel médical du désir de maternité des personnes séropositives.

- Une enquête sur les discriminations à l’encontre des personnes vivant avec le VIH, réalisée en 2009 par Sida Info Service, révélait que 44 % des personnes séropositives ont déjà été discriminées par un professionnel de santé. Les refus de soins, opposés à des personnes séropositives, par des dentistes sont les plus fréquemment évoqués.

Un refus de soins, ou un traitement différent, opposé par un acteur de santé à un patient en raison de sa séropositivité, constitue une faute déontologique et un délit.

Cet acte discriminatoire peut donner lieu à des sanctions prononcées par le Conseil de l’Ordre, mais aussi être réprimé par l’article 225-2 du Code pénal (puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende).

Un patient séropositif se heurtant à un traitement discriminatoire en milieu médical a des recours.

Il peut :

- saisir la Haute Autorité de Lutte contre des Discriminations et pour l’Egalité, qui instruira sa plainte, et pourra éventuellement la transmettre au Procureur de la République si elle estime que les éléments constitutifs du délit de discrimination sont réunis ;
- ou déposer une plainte auprès d’un service de police ou de gendarmerie, ou directement par courrier adressé au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance du lieu de l’infraction ou du domicile de la victime.


Dans la presse scientifique

- “Discrimination des personnes infectées par le VIH en milieu médical à Madagascar” ; R.L. Andrianasolo, R.A. Rakotoarivelo, D. Randriarimanana, P.G. Angijiro, M.J.D. Randria ; Médecine et Maladies Infectieuses, article sous presse du 22 juillet 2010

Enquêtes

- Infection à VIH et discriminations ; CRIPS ; Dossier de synthèse documentaire et bibliographique, mars 2007

- “ Enquête sur les discriminations à l’encontre des personnes vivant avec le VIH - 2009 - Observatoire Sida Info Service ” ; sida info service

- Discrimination et genre : leçon d’une enquête auprès de 133 PVVIH au Maroc Liens utiles

- HALDE (Haute Autorité de Lutte contre des Discriminations et pour l’Egalité)


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