La thérapie génique, un nouvel espoir pour le traitement de l’infection à VIH/sida

Publié le 24.02.2009 | par Patricia Fener

Un article paru dans Nature medicine fait état des résultats du premier essai clinique randomisé de phase II d’une thérapie génique contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Menée par le Docteur Ronald Mitsuyasu, directeur du CARE (Center of Clinical AIDS Research and Education) de la David Geffen School of Medicine à UCLA, cette étude de thérapie génique semble prometteuse. La confirmation de l’efficacité de ce type de traitement révolutionnerait la vie des personnes séropositives qui pour l’instant doivent se résoudre à la prise quotidienne des trithérapies antirétrovirales tout au long de leur existence.

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La thérapie génique consiste à utiliser un gène comme médicament pour corriger aussi bien des maladies génétiques que des maladies acquises. En manipulant le génome d’une cellule, il est possible de créer des « organismes génétiquement modifiés » (OGM). Cette technique porte le nom de transgenèse.
Une des limites de la transgenèse est la mort naturelle des cellules ayant incorporé le transgène ; c’est pourquoi il est plus intéressant d’utiliser les cellules souches qui sont capables d’autorenouvellement. La transgenèse est alors effectuée ex vivo : les cellules souches sont prélevées chez le patient puis réintroduites par autogreffe après correction génétique.
Cette stratégie ne peut être envisagée actuellement que dans les maladies sanguines parce que les cellules souches (cellules hématopoïétiques de la moelle osseuse) peuvent alors être prélevées dans l’organisme du patient.
Il faut rappeler que pour introduire le "gène thérapeutique" dans la cellule malade, un vecteur est nécessaire. Le plus souvent, ces vecteurs sont des virus rendus inoffensifs : rétrovirus ou adénovirus. Ils ont été manipulés de façon à leur greffer le gène correcteur et lorsqu’ils infectent leurs cellules-cibles, ils leur apportent ainsi ce nouveau gène.

L’étude en double aveugle parue dans Nature medicine a porté sur 74 patients adultes infectés par le VIH, sur une période de 100 semaines.
Les patients ont arrêté leur traitement antirétroviral. On a ensuite procédé au prélèvement de leurs cellules souches sanguines qui ont été réinjectées, non modifiées pour constituer le groupe placebo ou après intégration du gène codant pour la protéine OZ1, une molécule qui prévient la réplication du VIH en ciblant deux protéines qu’il utilise pour sa prolifération.
L’utilisation des cellules souches sanguines a pour intérêt d’assurer le maintien du même programme génétique.
La mesure de la charge virale après 48 semaines n’a pas montré de différence significative entre les deux groupes. Par contre après 100 semaines, dans le groupe OZ1, l’équipe scientifique a noté une augmentation de la population de lymphocytes CD4. Ces résultats s’expliqueraient par le fait que le gène codant pour la protéine OZ1 n’est pas intégré de manière durable dans les cellules sanguines.

Les auteurs concluent que cet essai clinique qui semble sans danger pour le patient et efficace sur la résistance du système immunitaire pourrait constituer une étape majeure du développement d’une nouvelle méthode de contrôle de l’infection par VIH.

Dans la presse scientifique
Phase 2 gene therapy trial of an anti-HIV ribozyme in autologous CD34(+) cells.
Mitsuyasu RT, Merigan TC, Carr A, Zack JA, Winters MA, Workman C, Bloch M, Lalezari J, Becker S, Thornton L, Akil B, Khanlou H, Finlayson R, McFarlane R, Smith DE, Garsia R, Ma D, Law M, Murray JM, von Kalle C, Ely JA, Patino SM, Knop AE, Wong P, Todd AV, Haughton M, Fuery C, Macpherson JL, Symonds GP, Evans LA, Pond SM, Cooper DA.
Nat Med. 2009 Feb 15.

A lire :
- Nature medicine

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