La vitamine D jouerait-elle un rôle dans la transmission materno-foetale du VIH ?

Publié le 14.10.2009 | par Claire Criton

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Les enfants de mères séropositives carencées en vitamine D auraient un risque accru d’acquisition du VIH in utero, intra partum et lors de l’allaitement. Les mères infectées et leurs enfants, quel que soit leur statut vis-à-vis du VIH, encourraient un risque plus élevé de décès que les autres.

Rappel sur la vitamine D

La vitamine D est une vitamine liposoluble (soluble dans les graisses) synthétisée dans l’organisme humain à partir d’un dérivé du cholestérol sous l’action des rayonnements UVB de la lumière. Elle existe sous deux formes : D2 (ergocalciférol) ou D3 (cholécalciférol).

À côté de son rôle bien établi dans la régulation de l’homéostasie phosphocalcique, la vitamine D possède d’autres fonctions physiologiques telles que des effets immunomodulateurs ainsi qu’une implication dans le contrôle de la différenciation de nombreux types cellulaires et l’inhibition de leur prolifération. Des publications récentes ont rapporté les effets extra-osseux potentiels de la vitamine D. Il a été observé des associations entre l’apport de vitamine D et la réduction de la mortalité, de certains cancers, la réduction des risques d’infections, de maladies inflammatoires (diabète, sclérose en plaques), de maladies cardiovasculaires et peut être d’arthrose.

L’étude tanzanienne

Les auteurs ont suivi l’évolution des grossesses et la mortalité infantile de 884 femmes séropositives pour le VIH participant à un programme de supplémentation vitaminique en Tanzanie.
Ils n’ont pas pu établir de relation entre les dosages de vitamine D et la survenue d’effets indésirables comme un petit poids de naissance et une prématurité.
Cependant, l’analyse multivariée a montré une association entre un faible taux sanguin de vitamine D (< 32 ng/ mL) et :
- une augmentation de 50 % (IC 95 % : 2 %- 120 %) de la transmission materno-foetale du VIH à 6 semaines,
- un doublement du risque de transmission par le lait maternel.

Conclusion

L’infection des CD4 et des macrophages par le VIH induit une régulation négative de l’autophagie [1].
Les effets favorables de la vit D pourraient être en partie dus à une optimisation de ces mécanismes d’autophagie, essentiels pour le contrôle cellulaire de certains micro-organismes comme Listeria monocytogenes, Toxoplasma gondii, Picornavirus, Flaviviruset autres Lentivirus. Si ce travail se voyait confirmé, la vitamine D pourrait faire partie de l’arsenal thérapeutique comme moyen peu onéreux et facilement accessible à tous pour lutter contre l’infection à VIH.

Dans la presse scientifique

-  "Perinatal outcomes, including mother to child transmission of HIV, and child mortality and their association with maternal vitamin D status in Tanzania"  ; Mehta S et coll ; J infect Dis., 2009 ; 200 : 1022-30.
-  "Vitamin D earns more than a passing grade"  ; Spector SA ; J infect Dis., 2009 ; 200 : 1015-16
-  "Vitamine D : métabolisme, régulation et maladies associées"  ; Emilie Tissandié, Yann Guéguen, Jean-Marc A. Lobaccaro, Jocelyne Aigueperse, Maâmar Souidi ; Medecine/Sciences 2006 ; 22 : 1095-100
- " Vitamine D : effet osseux et extra-osseux ; recommandations de bon usage" ; Karine Briot, , Maurice Audran, Bernard Cortet, Patrice Fardellone, Christian Marcelli, Philippe Orcel, Bruno Vellas, Thierry Thomas, Christian Roux ; La Presse Médicale ; Volume 38, numéro 1 pages 43-54 (janvier 2009)


[1] Dégradation d’une partie du cytoplasme de la cellule par ses propres lysosomes, organites cellulaires qui effectuent la digestion intra-cellulaire grâce à trois types d’enzymes : des lipases, des protéases et des osidases.

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