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Le comblement par autogreffe de graisse, un traitement de première intention dans la lipoatrophie faciale iatrogène

Publié le 04.01.2012 | par Claire Criton

Le lipofilling est une technique de comblement facial basée sur l’autogreffe de graisse, sans utilisation de matériau exogène. Cette technique sûre corrige de façon satisfaisante et stable la lipoatrophie faciale iatrogène, présente chez 20 à 40 % des patients traités pour une infection à VIH/sida.

Réinjection de la graisse prélevée sur le patient La lipoatrophie faciale , fréquente dans l’infection à VIH traitée

- Elle concerne 20 à 40 % de la population infectée et traitée.

- Elle touche le tissu adipeux sous-cutané du visage, qui apparaît creusé au niveau des régions temporales, prémaxillaires et sous-zygomatiques.

- Elle survient en moyenne après deux ans et demi de traitement, alors que la maladie virale est bien contrôlée.

- Son retentissement esthétique et social est majeur et incite les patients à consulter pour la corriger.

- Son traitement est essentiel à la poursuite de la trithérapie car il permet l’observance du traitement antirétroviral.

Le lipofilling ou Lipostructure®, une technique de correction des fontes graisseuses après trithérapie

Le principe est de réaliser une véritable auto-greffe de cellules graisseuses par réinjection de la graisse prélevée sur le patient lui-même.

Les adipocytes sont prélevés à faible pression, purifiés et réinjectés en faible quantité sous la peau. Fournier avait décrit une technique de prélèvement de graisse lavée puis réinjectée au niveau du visage. Coleman a amélioré la technique en centrifugeant le prélèvement.

Une étude rétrospective française évaluant l’efficacité du lipofilling

L’étude a inclus 317 patients, opérés d’une à trois fois d’un lipofilling dans le cadre d’une lipoatrophie du visage, de mai 1999 à avril 2008.

L’intervention se déroulait sous anesthésie générale sans infiltration.

Le prélèvement était effectué à faible pression (seringue de 10 mL en dépression) avant d’être centrifugé trois minutes à 3000 tours par minute. Les zones d’injection étaient la joue (régions prémaxillaire et sous-zygomatique) et la tempe (injection sus-aponévrotique).

Une évaluation sur photos et observation à un mois, six mois et un an a été réalisée.

L’évaluation de la sévérité de l’atteinte a eu lieu au niveau de trois zones : temporale, zygomatique et prémaxillaire.

Un chirurgien plasticien indépendant et le patient lui-même ont également jugé les résultats selon une grille d’évaluation clinique, après un suivi d’un mois à quatre ans.

Aucune complication immédiate, 6 % de complications tardives

Deux principales complications tardives ont été constatées :

- un excédent graisseux résiduel concernant 3 % des patients et qui a pu être corrigé par une lipoaspiration ;

- une asymétrie de résultat chez 4 % des patients pour une injection de même quantité de chaque côté. Les auteurs l’expliquent par des injections réalisées dans des plans différents ayant entraîné une résorption plus importante d’un côté que de l’autre.

En moyenne 63 % de bons résultats à un an

- Chez les patients opérés en temporal, on dénombrait 80 % de bons résultats à un mois, 65 % à six mois et 63 % à un an.

- Chez les patients opérés en prémaxillaire, on dénombrait 80 % de bons résultats à un mois, 60 % à six mois et 60 % à un an.

- Chez les patients opérés en sous-zygomatique, on dénombrait 78 % de bons résultats à un mois, 54 % à six mois et 66 % à un an.

Parmi ces patients, 74 ont bénéficié d’une seconde intervention : quatre avant le sixième mois, 26 avant la première année et 44 après un an.

Un capital graisseux insuffisant : une contre-indication exceptionnelle

Les patients séropositifs sont souvent très minces. Cependant, la quantité de graisse nécessaire est faible (environ 20 mL pour les deux côtés) et, d’autre part, la correction peut attendre quelques mois que ce capital devienne suffisant. Un pannicule adipeux très fin peut être prélevé.

Avantages par rapport aux techniques utilisant des produits exogènes résorbables

- Le lipofilling requiert moins d’interventions, mais au moins une hospitalisation. Les produits résorbables sont injectés en dehors de toute hospitalisation, mais le nombre d’injections est supérieur.

- Dans cette étude, le nombre moyen d’interventions était inférieur à 1,3. Le nombre d’interventions nécessaires pour corriger la lipoatrophie est au moins deux à trois fois supérieur pour l’acide hyaluronique ou l’acide polylactique.

- Le lipofilling semble très sûr comparé aux autres techniques de comblement, aucune complication n’étant survenue dans les suites opératoires. Les techniques utilisant des matériaux exogènes ont un pourcentage important de complications à type d’allergie, de nodules, de granulomes, d’abcès, de manifestations systémiques. Ces complications sont, de plus, souvent difficiles à traiter. Dans cette série de patients, aucune infection postopératoire, ni aucune complication cardiovasculaire, malgré l’augmentation du risque de cette population, n’ont été observées.


Source

1. Uzzan C, Boccara D, Lacheré A, Mimoun M, Chaouat M. Traitement de la lipoatrophie faciale par lipofilling chez les patients infectés par le VIH  : étude rétrospective de 317 patients sur neuf ans. Annales de Chirurgie Plastique Esthétique. (0). Available at : http://www.sciencedirect.com/scienc.... Consulté janvier 3, 2012.


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