Le dépistage du sida bientôt proposé à tous par les médecins généralistes

Publié le 13.10.2009 | par Claire Criton

La France pourrait modifier sa stratégie concernant le dépistage du sida. En effet, la Haute Autorité de santé (HAS) devrait présenter dans les jours qui viennent une nouvelle recommandation sur le sujet.

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Le médecin et son patient, Jan Havicksz Steen, 1625/1626 ; Wikimedia commons

Les hétérosexuels de plus de 50 ans ont 4 fois plus de risque de découvrir leur séropositivité à un stade avancé de la maladie que les homosexuels ou les usagers de drogue. Cibler les populations à risque se révèle en fait une arme insuffisante dans la lutte contre le dépistage tardif.

Bien que la France soit un des pays qui pratique le plus de tests en Europe (5 millions de tests par an), un tiers des personnes diagnostiquées séropositives chaque année, sont dépistées à un stade avancé, voire au stade de la maladie et 36 000 séropositifs s’ignorent encore.

Une étude de l’Inserm [1] publiée dans le BMJ [2] montrait qu’un dépistage de routine permettrait d’éviter 1290 infections par an.

Une étude française récente a mesuré le rapport coût-efficacité d’un dépistage généralisé. Concrètement, si dans les 2 à 3 ans qui viennent, on proposait à tous les Français de faire un test, on parviendrait à dépister suffisamment de personnes ignorant leur séropositivité pour que le coût soit acceptable. Reste à définir à quel rythme un dépistage généralisé serait nécessaire.

Pratiquement, les médecins pourraient proposer un test lors de toute consultation médicale, aux urgences comme au cabinet du généraliste.

En 2006, alors que les États-Unis se lançaient dans le dépistage généralisé, en France, le Conseil national du sida réclamait cette banalisation des tests. Son président, le Pr Willy Rozenbaum, 3 ans plus tard, estime qu’il y a encore plus urgence. Pour celui-ci, la modification des stratégies de dépistage implique des vies humaines puisqu’une personne dépistée trop tardivement a, dans les six mois, quatorze fois plus de chances de mourir qu’une personne dépistée plus tôt et qui pourra bénéficier des traitements actuels.

La HAS avait publié un premier volet de recommandations, destiné plus particulièrement aux biologistes, en octobre 2008. Cette première partie portait en effet sur les modalités du dépistage de l’infection par le VIH et son diagnostic biologique avec les tests de dépistage rapide. Un second volet de recommandations qui devait aborder spécifiquement les stratégies et le dispositif de dépistage avait été annoncé pour l’automne 2009.

Source en ligne

- Medecinews

- Nouvelles recommandations de la HAS sur le dépistage de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine


[1] Institut national de la santé et de la recherche médicale

[2] British Medical Journal, revue médicale britannique

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