Le gel vaginal PRO2000 totalement inefficace !

Publié le 29.09.2010 | par Claire Criton

Compte tenu des obstacles que rencontrent de nombreuses femmes pour négocier l’usage du préservatif masculin, les gels microbicides paraissent une option intéressante dans la maîtrise de la transmission du virus par les femmes. Des efforts sont actuellement menés pour mettre au point un microbicide en gel ou en crème à appliquer dans le vagin, de la même manière que les spermicides d’aujourd’hui. Le PRO2000, un gel actif in vitro contre le VIH paraissait être un candidat prometteur. Une vaste étude publiée par le Lancet vient de démontrer sa totale inefficacité chez la femme.

JPEG - 6.4 ko
Microbicide et VIH




Plus de 9 385 femmes incluses dans cette étude randomisée en double aveugle

Cet essai de phase III a été entrepris dans 13 centres répartis dans 4 pays du sud et de l’est de l’Afrique (Afrique du Sud, Tanzanie, Ouganda, et Zambie).

Les femmes étaient toutes séronégatives pour le VIH. Elles ont été randomisées en double aveugle entre 3 gels vaginaux à appliquer une heure avant les relations sexuelles : gel à 2 % de PRO2000, gel à 0,5 % et gel placebo.

Bonne tolérance des gels PRO2000 contenant du produit actif

En terme d’effets secondaires, les gels contenant du produit actif ont été bien tolérés.

Un taux d’observance élevé pour PRO2000

Le taux d’utilisation déclarée était de 89 % confirmant la bonne observance au traitement.

Un taux de contaminations inchangé avec PRO2000

Les taux de séroconversions ont été similaires dans les 3 groupes :
- 4,5 % avec le PRO2000 à 0,5 % ;
- 4,3 % avec le gel placebo.

Les gels de PRO2000 n’ont pas réduit la fréquence des infections herpétiques, des gonococcies ou des infections à Chlamydia trachomatis.

On peut donc conclure à une totale inefficacité des deux dosages de PRO2000.

La voie vaginale reste porteuse d’espoir

La piste des gels microbicides incorporant des anti-rétroviraux au gel semble, quant à elle, rester prometteuse.

L’étude CAPRISA présentée lors de la 18e Conférence internationale sur le sida en juillet 2010 a conclu à une réduction de 39 % des contaminations par le VIH grâce à ce gel contenant 1% de Tenofovir. Les femmes utilisant le gel pour plus de 80 % de leurs relations sexuelles avaient même un taux de protection passant à 54 %.

En 2013, devraient être publiés les résultats de l’étude VOICE (MTN 003). VOICE évalue trois différentes stratégies de prévention du VIH chez les femmes : le gel à base de ténofovir couplé à l’emtricitabine et deux différentes options de prophylaxie préexposition (PPrE).

Un anneau vaginal à base de dapivirine (25 mg par anneau) est également en cours de développement. L’étude IPM 015 étudie l’innocuité de cet anneau en Afrique.



- “ PRO2000 vaginal gel for prevention of HIV-1 infection (Microbicides Development Programme 301) : a phase 3, randomised, double-blind, parallel-group trial ” ; Sheena McCormack, Gita Ramjee, Anatoli Kamali, Helen Rees, Angela M Crook, Mitzy Gafos, Ute Jentsch, Robert Pool, Maureen Chisembele, Saidi Kapiga, Richard Mutemwa, Andrew Vallely, Thesla Palanee, Yuki Sookrajh, Charles J Lacey, Janet Darbyshire, Heiner Grosskurth, Albert Profy, Andrew Nunn, Richard Hayes, et al ; Lancet 2010 ; publication avancée en ligne le 20 septembre 2010 (DOI:10.1016/S0140-6736(10)61086-0).

- Anneaux vaginaux microbicides

- Les essais en cours

- International Partnership for Microbicides (IPM)


Ce site utilise phpmyvisites pour analyser l'audience et améliorer son contenu