Le mélanome chez le patient séropositif

Publié le 14.04.2011 | par Claire Criton

La séropositivité pour le VIH paraît être un facteur aggravant pour l’évolution du mélanome au stade métastatique. L’examen des lésions pigmentées chez les patients séropositifs pour le VIH est particulièrement important pour permettre le diagnostic précoce de mélanome sur ce terrain.

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Sida et mélanome

Le mélanome, une tumeur maligne dérivée des mélanocytes

Le mélanome est une tumeur pigmentée d’origine mélanocytaire touchant habituellement l’adulte jeune.

Le développement du mélanome est favorisé par une exposition solaire excessive (notamment dans l’enfance). Les sujets à peau claire présentant de nombreux "grains de beautés " ou naevi sont particulièrement vulnérables.

Les patients à peau noire ou pigmentée développent exceptionnellement un mélanome (sur les paumes et les plantes de pieds en général).

Des facteurs génétiques peuvent être impliqués (gènes de prédisposition, polymorphismes génétiques,mutations activatrices de l’oncogène BRAF...) dans le développement du mélanome.

"Le mélanome peut survenir brutalement sur une peau qui était auparavant normale, ou plus rarement sur un grain de beauté (naevus mélanocytaire) préexistant particulièrement s’il est survenu à la naissance"(Docteur Abimelec, http://www.abimelec.com/melanome_ma...).

Face à une lésion pigmentée, le diagnostic clinique d’un mélanome cutané se fait à l’aide de la règle ABCDE. Un seul critère dans ces 5 signes suffit à suspecter le diagnostic et doit conduire à l’exérèse avec analyse anatomopathologique de la lésion :

- Asymétrie
Seule une partie du grain de beauté change d’aspect et se distingue singulièrement du reste.
- Bord
Le contour est irrégulier, en carte de géographie. Les bords du grain de beauté deviennent irréguliers, la pigmentation pouvant même parfois envahir la peau.
- Couleur
La lésion est polychrome. La couleur du grain de beauté perd son homogénéité, des zones dépigmentées apparaissent voire des taches grises, rouges ou bleues.
- Dimension
La taille du grain de beauté augmente, le mélanome a généralement une taille supérieure à 6 mm.
- Evolution
La lésion évolue : taille, prurit, couleur, saignement, etc...Un mélanome de moins de 0,5 mm d’épaisseur est presque toujours curable tandis qu’un malade porteur d’un mélanome de plus de 4 mm a un risque supérieur à 70% de décéder.

Une évolution sévère avec une durée de vie moyenne de 3,6 mois au stade IV en cas d’infection à VIH/sida

Quatorze malades séropositifs pour le VIH et atteints de mélanome ont été suivis entre 1987 et 2009.

Le mélanome primitif était dans 50 % un mélanome superficiel extensif avec une épaisseur moyenne de 2,83 mm.

Huit patients sont décédés dans un délai moyen de 39 mois, dont six de leur mélanome.

Après une rechute du mélanome, l’évolution a été sévère avec une durée de vie moyenne de 3,6 mois au stade IV. Il n’y a pas eu de réponse à la chimiothérapie quand elle a été possible.

Une incidence qui reste faible mais croissante chez les patients séropositifs

Trois études récentes (2005, 2007, 2008) concluent à une augmentation d’incidente nette, notamment ces vingt dernières années.

L’introduction des traitements antirétroviraux n’a pas modifié la fréquence de survenue du mélanome.

Chez le patient VIH, une tumeur le plus souvent cutanée

Cependant, les formes d’emblée métastatiques ou de mélanomes primitifs multiples ont été décrites lors de la présentation initiale.

Une épaisseur plus importante en cas de séropositivité pour le VIH

L’épaisseur moyenne retrouvée était de 2,4 mm. Elle est plus importante chez les patients séropositifs que chez les cas-témoins.

L’existence d’un lien entre l’épaisseur du mélanome primitif et le taux de lymphocytes CD4 reste controversée.

La séropositivité, un facteur aggravant du mélanome

Les patients séropositifs pour le VIH et atteints de mélanome avaient un intervalle sans rechute et une survie globale plus courte (16 mois et 2,8 ans pour les premiers, versus 42 mois et 6,4 ans pour les seconds).

Dans cette série de 14 malades, l’évolution du mélanome au stade métastatique semblait plus sombre, avec une durée de vie moyenne de 3,6 mois.


Dans la presse scientifique

- “ Mélanomes chez des patients séropositifs pour le VIH : 14 cas ” ; S. Qasmi, C. Sutra-Loubet, E. Maubec, F. Boitier, P. Duvillard, A. Carlotti, E. Marinho, S. Jacobelli, N. Franck, I. Gorin, M.-C. Vacher-Lavenu, F. Bouscarat, B. Crickx, N. Dupin, M.-F. Avril ; Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, édition avancée en ligne du 5 Octobre 2010

- VIH et cancers cutanés ; site “femmes et sida”

- VIH et cancer : données épidémiologiques ; site “femmes et sida”

- Guide médecin sur le mélanome cutané ; HAS

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