Le risque d’AVC augmenté chez les sujets séropositifs

Publié le 20.09.2011 | par Claire Criton

Le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) serait plus important chez le patient infecté par le VIH. Une étude danoise montre une augmentation du risque d’AVC en présence comme en absence de facteurs de risque connus.

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Sida et accident vasculaire cérébral

L’AVC est une urgence médicale.

Il est la conséquence d’une obstruction ou de la rupture d’un vaisseau sanguin transportant le sang dans le cerveau. La conséquence est une privation d’oxygène.

Il provoque des dommages parfois irréversibles au cerveau, car les cellules nerveuses ne se renouvellent pas (ou très peu) et leur mort par privation d’oxygène entraîne des pertes fonctionnelles.

Il peut être fatal et, dans la moitié des cas, il entraîne des séquelles d’autant plus importantes que le traitement aura été retardé.

L’AVC génère plusieurs des symptômes suivant :

- étourdissements, vertiges et pertes d’équilibre,
- engourdissement ou paralysie d’un membre, du visage, d’une partie entière du corps,
- difficulté à parler et à comprendre ce que l’on entend,
- trouble de la vision, le plus souvent d’un œil, parfois des deux,
- violent mal de tête, nausée, vomissement,
- perte de conscience.

Le nombre de patients séropositifs ayant fait un accident vasculaire cérébral a beaucoup augmenté ces dernières années.

Une étude publiée en février 2011 dans la revue Neurology a montré une augmentation significative d’environ 67 % des patients infectés par le VIH hospitalisés pour un accident vasculaire cérébral aux États-Unis durant la dernière décennie.

Une vaste étude danoise a évalué le risque d’AVC chez les sujets séropositifs.

Une équipe de l’hôpital universitaire d’Odense (Danemark) a comparé 5031 patients séropositifs à plus de 45279 sujets contrôle.

Le risque a été quantifié en l’absence et en présence de facteurs de risque comme la prise de drogues injectables, un taux de CD4 bas, une multithérapie antirétrovirale et des facteurs de risque familiaux.

Le VIH est un facteur indépendant d’AVC, mais certains facteurs augmentent encore plus ce risque.

- Le risque d’AVC est multiplié par 1,60 chez les sujets infectés et non-consommateurs de drogues par voie injectable.

- En cas de prise de drogues injectables, le risque d’AVC est multiplié par presque quatre.

- Un taux bas de CD4 (inférieur à 200 cellules/mm3) multiplie le risque d’AVC par 2,26

- La prise d’abacavir (ZIAGEN®) multiplie le risque par 1,66, mais les thérapies antirétrovirales hautement actives (HAART) n’ont pas d’effet significatif sur le risque d’AVC.


Source

- Rasmussen, Line D. a ; Engsig, Frederik N. b ; Christensen, Hanne c ; Gerstoft, Jan b ; Kronborg, Gitte d ; Pedersen, Court a ; Obel, Niels b : “Risk of cerebrovascular events in persons with and without HIV : a Danish nationwide population-based cohort study” . AIDS ISSN : 0269-9370 (C) 2011 Lippincott Williams & Wilkins, Inc. Issue : Volume 25(13) pgs. 1557-1682 August 24, 2011

- Ovbiagele B et coll. : “Increasing incidence of ischemic stroke in patients with HIV infection” . Neurology 2011 Feb 1 ;76(5):444-50

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